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Chroniques DVD
27
Mar
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : un chevalier noir contre un tyran encore plus noir

Scénar : en l’absence du comte Oliviero qui au moins lui laissait ses récoltes, le nouveau régent du fief, son neveu, demande un nouvel impôt écrasant au peuple alors qu’il signifie clairement la famine pour tous. Mais un mystérieux chevalier noir se dresse du côté des paysans, les chevaliers du potentat le recherchent pour lui faire passer l'envie de jouer aux justiciers, on lui fait d'ailleurs porter le chapeau des nouveaux impôts puisque le régent se voit obligé d'engager des mercenaires pour maintenir l'ordre, et l'offre perfide d'une récompense ne tombe pas dans l'oreille de certains sourds… Mais qui se cache donc sous cette armure ? Pour s'emparer durablement de la comté et ne pas fâcher le duc voisin, le régent feint la diplomatie et ordonne à ses hommes de laisser un temps les épées dans les fourreaux. Mais ce n'est qu'une ruse, il fait revenir au château la fille du comte disparu afin de l’épouser et retient secrètement dans une cellule le fameux Oliviero pour l'obliger à signer une abdication que le vieux lui refuse. Sa fille en les murs, persistera-t-il encore au risque de lui porter malheur ?

Même cousu de fil blanc comme celui-ci, le film de chevalerie, particulièrement à l'italienne, possède un charme dont on ne peut dénier les qualités : les cavalcades et les combats en armure, les châteaux et les jolies princesses, les méchants traîtres et les pièges affreux (hop, une trappe vers les oubliettes pour se débarrasser des incapables !), tout le trousseau est réuni (oups, on oubliait l’irrésistible passage secret coulissant !) pour des aventures haletantes au goût délicieusement suranné dont on ne s'explique pas toujours pourquoi on les aime autant, des sortes de madeleines de Proust sûrement, en souvenir de tous ces films qui ont bercé (certes très, très près du mur diront nos nombreux détracteurs…) notre enfance comme Les Aventures de Robin des Bois, La Flèche et le flambeau, Les Chevaliers de la Table Ronde, Ivanhoé, Richard Cœur de Lion ou encore la série Thierry la Fronde, des héros qu'on ne voit plus trop sur les affiches de cinéma à part pour de gigantesques sagas qui de nos jours manquent cruellement de naturel en même temps que de ce côté bricolé du grand cinéma populaire.

L’italien Mario Costa, déjà à la tête d’une longue filmographie depuis la fin des années 1930 (Le Barbier de Séville, Les Amours de Manon Lescaut…), montre un savoir-faire certain avec ce film d’aventure dont le scénario fut qui plus est signé par deux autres grands artisans du cinéma populaire transalpin : Sergio Corbucci et Piero Vivarelli. Tout est là pour passer un bon moment : de jolis décors de château fort, de très chouettes costumes, beaucoup d'action, du panache et une très chouette musique de Michele Cozzoli dans la lignée des films de ce genre. Le casting comporte aussi de solides acteurs : Irène Tunc (Miss France 1954, vue dans Si Paris nous était conté et Léon Morin, prêtre), Luisella Boni et les habitués du bis européen Massimo Serato, Pierre Cressoy ou encore le fabuleux Livio Lorenzon, le méchant chauve de service. Tout, toutes et tous sont réunis pour passer un bon petit moment qu’on vous dit, personne ne peut résister si elle ou il se dit amateur(e) de cinéma à l’ancienne, en particulier celui qui au moyen de sortes de Zorro du Moyen-Âge, met à bas les fieffés tyrans, liberté !!

Bonus : bande—annonce originale, diaporama

Infos / commande : https://www.artusfilms.com/chevalerie/le-chevalier-du-chateau-maudit-314

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