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Chroniques DVD
13
Oct
2020

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : comédie acide

Scénar : Paris, 1943. Antoine Michaud et sa copine Yvette filent le parfait amour alors que la ville est quadrillée par les patrouilles allemandes, le tout sans que les parents du jeune homme ne se doutent de la moitié de ce qu’il fait, pour ne pas dire de ce qu’il trafique puisqu’il s’adonne au marché noir avec son copain Paul Tiercelin, fils du propriétaire d’un restaurant pas très regardant sur la clientèle feldgrau et destinataire des « colis ». Antoine ment à ses parents pour passer les vacances avec Mademoiselle (c’est Paul qui est censé l'avoir invité) mais le père Michaud n'est pas très content : lui qui, contrairement à son collègue, fait des pieds et des mains pour que son service reste exemplaire et patriote, n’est déjà pas content de voir son fils sortir sans arrêt mais il finit par craquer et l'autorise. Paul reproche quant à lui à Antoine d’aimer une jeune femme vénale, qui plus est épouse d'un homme en camp de prisonniers… Une histoire de champagne va soudain semer la panique chez tout ce petit monde.

Il est assez drôle de voir Alain Delon ramper aux jolis pieds de Françoise Arnoul, fini l’homme à femmes de son film précédent 1, ici il doit continuellement faire ses preuves, montrer à tous ceux qui le raillent qu’il peut avoir du courage malgré son caractère docile devant une véritable madame-sans-gêne qui ne fait pas grand chose de sa vie à part jouer la nymphomane, elle pousse même un jour son voisin professeur à faire les devoirs de son jeune amant contre de l'argent. Antoine a d’ailleurs un peu honte d’en manier autant quand ses parents se serrent la ceinture en vrais loyalistes, contrairement aux Tiercelin, une famille de profiteurs de guerre assez typiques de l’univers acide de Marcel Aymé dont le film est une adaptation, une comédie certes datée qui livre un portrait de la France pas piqué des hannetons, l'acidité avec laquelle il fait parler les profiteurs qui se pressent dans les cafés boire du champagne aux côtés des Allemands n'est pas anodine, l'histoire est même presque tout le temps immorale mais les bons sentiments triomphent toujours.

Quelle incroyable galerie Michel Boisrond a-t-il encore convoquée ! Chez les femmes Françoise Arnoul donc mais aussi Paulette Dubost, Gaby Basset, chez les hommes Bourvil, Lino Ventura, Alain Delon, Jean-Claude Brialy, Pierre Mondy (tout comme Delon déjà à l’affiche de Faibles femmes, le précédent film de Boisrond), Paul Misraki pour la musique, de quoi régaler yeux et oreilles et pour aller plus loin, rédécouvrir Marcel Aymé, dont on ne peut que recommander la lecture, particulièrement les écrits féroces concernant la guerre et l’Épuration (Uranus est génial, Le Vin de Paris contient la fameuse Traversée de la même ville, n’oublions pas Travelingue, La Vouivre, entre autres, La Pléïade a d’ailleurs rassemblé la plupart des textes d’un écrivain qui mériterait bien moins de quolibets, n’ayant jamais hésité à s’engager contre TOUS, de quelques bords politiques ou religieux qu’ils soient, un modèle pour Nawakulture qui n’aurait toutefois pas laissé paraître, on est d'accord, du matériel dans les pages de salopards de journaux collaborationnistes. Né à Vichy oui, mais non.

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