Chroniques DVD
09
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : pulp action

Scénar : le « séduisant » Jeff Sutton arrive à Rio avec dix millions de dollars dans sa valoche. Sur le chemin de l'hôtel et de l'amour libre, un gang d’hommes masqués s’en prennent à lui mais il les sème après les avoir lattés, ce qui ne l'empêche pas d’être kidnappé vers une sorte de Sparte version meufs, Femina, royaume de la belle Sumuru (ou Sonanda, Sumitra…comme tu préfères). Un royaume qui a dans ses geôles des prisonniers de marque dont une femme qui est le véritable objectif de la mission de Jeff. Réussiront-ils tous deux à s'évader alors que l'avide Sir Matthews, aussi après les millions de Sutton, déboule avec une véritable armée à Femina, par ailleurs elle aussi très riche en lingots ?

Inspiré de Sax Rohmer, l’auteur de l’ineffable Fu Manchu (adapté deux fois par Jess Franco), Sumuru, la cité sans hommes injecte de la comédie dans un cocktail action / aventure / SF / espionnage / érotisme pulpisant, une sorte d’OSS 117 version Franco avec costumes kitsch de rigueur, jolies donzelles en maillot ou guerrières en tenues légères, croupes généreuses et poitrines du même tonneau qui se laissent deviner sous des robes innocemment transparentes, ainsi qu’une symphonie de jolis ventres dorés, on ne nous épargnera rien !

Bien évidemment, tout le monde ne joue pas hyper bien la comédie là-dedans, par exemple l’agent lui-même, mais l'ensemble est agréable quand même avec une dimension parodique certaine et de nombreux détails rigolos à noter, forcément, comme cette conversation de Jeff avec une femme aux lèvres scotchées, ces images d’avions en vol qui ne correspondent pas à ceux qui atterrissent, ces « explosions » hilarantes dignes de gradins de supporters de foot, ce doublage de chanson totalement nawak ou le bon goût de se grimer en SS pour le carnaval de Rio, sans oublier le fabuleux corbillard à baldaquin ou encore la violence ultime : pour obtenir le lieu où il a caché le pognon, Jeff est torturé : oh le pauvre, non, pas le supplice du bisou !


Un chouette Franco avec des apprenties Diana Rigg latines qui auraient pu figurer dans un clip du MAGMA des origines (ah ces costumes !), une musique signée Daniel White inspirée et agréable entre jazz et bossa cool (la chanson-titre est particulièrement jolie), des décors rigolos (immenses quand ils sont en béton), des couleurs kitsch, une jolie collection d'avions... Et puis, summum, les yeux magnifiques - bien que massacrés par un maquillage généralement criard horrible - de Shirley Eaton (la sublime déesse dorée de Goldfinger) dont c'est le dernier film. Pour info, l’équipe se débrouille pour être en avance sur le planning : ils tourneront dans la foulée un tiers de 99 femmes. Hop-là !

Bonus : « La fille de Rio », par Jean-François Rauger, agréable et intéressant, « Tourné à Rio » (interviews avec Jess Franco, Shirley Eaton et Harry Alan Tower), diaporama et bandes-annonces de la collection Jess Franco.


Infos e tutti quanti : http://www.artusfilms.com/jess-franco/sumuru-la-cite-sans-hommes-55

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