Chroniques DVD
14
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

mafia parrain usa corleone brando dvd

Genre : Puzo par Coppola, capitolo uno

Scénar : On « ne repousse pas une demande le jour du mariage de sa fille » alors quand Don Vito reçoit les doléances, il y accède mais il ne fait jamais rien sans prévoir que la personne qu’il aide lui rendra un jour service. Comme cet homme éploré dont la fille s’est faite agresser et qui se décide enfin à venir le trouver… Le « parrain » lui reproche d'être allé voir la police avant mais une fois les choses mises au clair, il fera (faire) ce qu’il faut. Les épousailles de sa fille Connie attirent autant de gangsters que de flics mais la famille sait se mettre à l'abri. Mais elle n'est pas dépourvue de ses propres problèmes intérieurs, le premier étant le crooner Johnny Fontane qui pleurniche après un film qu'il s'estime être assez bon pour y participer. Don Vito envoie Hagen imposer Fontane sur le tournage mais le producteur ne se laisse pas faire du tout, la tête de Khartoum aura son influence. Le second écueil, c’est Virgil Sollozzo, un cador de la drogue qui veut le soutien des Corleone mais que Don Vito, contre toute attente, lui refuse. Il en paiera le prix en se faisant mitrailler. « Ça c'est ma famille, c'est pas moi » dit Michael le cadet Corleone quand sa compagne est perplexe. Pourtant il est LE fils fiable, Fredo est un pochetron minable, Santino un coureur de jupons violent… Mais les affaires des Corleone vont condamner Michael à l'exil…

La famille de Don Vito va emporter avec ce premier volume d'une trilogie inoubliable un public avide de récits mafieux, il va aussi déclencher une vague de suiveurs mais personne, pas même Coppola lui-même, n'est jamais arrivé à la cheville de ce parrain premier du nom. Brando est impérial (il obtiendra d’ailleurs l’Oscar du meilleur acteur), ses « offres qu'on ne peut pas refuser », sa maestria à tirer toutes les ficelles imaginables de derrière son bureau en font un des plus grands « méchants » du cinéma, c’est d’ailleurs toujours une étrange sensation que de vibrer pour une famille de criminels notoires mais c’était déjà le cas pour le roman génial de Mario Puzo (ici co-scénariste avec Coppola). Il faut dire que tout a été prévu, la succession de scènes mythiques du début de cette saga géniale, sa violence (pauvre Luca Brasi…) mais aussi dès ses premières notes la musique que l’on sent déterminante pour le succès à venir. Comment ne pas rappeler que l’on tient aussi une armée d’acteurs incontournables, tous parfaits dans leur rôle respectif ? Alors du coup, quand on s’aperçoit qu’on vient de se croquer un morceau de cent-soixante-huit minutes de cinéma, on n’a ni l’impression d’avoir perdu son temps, ni de s’être ennuyé à un moment ou à un autre. Le panier de crabes s’anime en permanence, les bestioles interagissent…et meurent !

Inspiré de faits réels, par exemple du milieu des Cinq familles de New York et de la mère patrie la Sicile (la ville de Corleone se situe réellement dans les environs de Palerme et a donné naissance à deux des parrains les plus marquants des années 1980 et suivantes : Toto Riina et Bernardo Provenzano), Le Parrain c’est un mini-monde mouvant où sans arrêt et suivant comment le vent tourne pour leurs intérêts, qu’ils soient financiers, politiques ou familiaux, les clans se forment et avec eux leurs vassaux : flics, tueurs, et pourquoi pas un héros de guerre puisque ce sera Michael qui sera déterminant pour « purger le mauvais sang » de la famille. Al Pacino est déjà très charismatique, l’évolution de son personnage est particulièrement intéressante et réussie mais voilà, ce jeune homme très intelligent hors des frontières, c’est la jeune génération sans son sens de la stratégie qui se retrouve aux affaires, et ce ne sera pas pour le bien de tous, loin de là, le carnage paraît sans fin et pas exagéré par rapport à la réalité tant les souvenirs de tous ces corps ensanglantés jonchant les trottoirs des journaux télévisés nous ont marqué enfant. Mais un certain romantisme très latin, très saga, enferme ces épisodes sanguins dans un récit global captivant dont, bien sûr, on est censé réclamer à corps et à cris une suite, elle ne sortira pas tout de suite, car d’abord il y aura…Conversation secrète.

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