Une petite contribution ?

Documentaire
09
Jui
2020

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Après une remise en perspective historique signée Thierry Saltet (il est partout, il est légion, c’est aussi lui qui signe chroniques et conclusion),

voici, après l'autobiographie à succès de Gilles Bertin 1 malheureusement décédé depuis, la biographie d'un groupe bordelais mythique dont tous les protagonistes ou presque ont ici narré leurs souvenirs à un auteur au plus près depuis le début.

Fasciné par les pionniers du punk rock anglo-saxon mais aussi par les groupuscules politiques qui, si petits soient-ils, font trembler les plus grands des États, le groupe trouve son nom fin 1981 et démarre son parcours sans vraiment savoir jouer ni vraiment chercher à progresser au début : « on engage tout ce qu'on a, temps, énergie, on le fait à fond, sans demi-mesure… On est des extrémistes. Mais ce n'est pas un métier. Et si à la limite, on pouvait gagner de l'argent, ça n’en serait toujours pas un. » Manière de faire qui a pour la plupart du temps disparu de nos jours mais qui à l’époque fait la différence.

Le groupe, qui se catégorise lui-même street punk (c’est l'étiquette qui semble coller le plus aux ambitions du groupe que le business n’intéresse pas, ni le déguisement général de la première vague punk), fait ses premières scènes en refusant de s'intégrer ici et là, agglomérant à sa queue de comète une horde sauvage qui les suivra partout, punks ou skinheads, pour le meilleur et bien sûr pour le pire quand la saloperie de politique viendra à son habitude tout salir.

Les musiciens décidant souvent de voler ce dont ils ont besoin, les démêlés judiciaires commencent, d’abord pas très graves. Malgré tout ce que l'on pourra leur reprocher ensuite, les compilation Chaos en France font en attendant circuler le nom CAMERA SILENS un peu plus loin que d'habitude même si son genre diffère clairement du reste, puis les disques s’enchaînent comme les fix enchaînent certains à l’addiction, des têtes commencent à tomber de partout, de plus en plus près, dure Réalité

Gilles lui s’éloigne vers d’autres activités que personne n’a envie de questionner, les hépatites, le sida, les embrouilles, tout ça commence à faire beaucoup pour une seule bande, manque juste qu’une cavale (« à pied ou à cheval ! ») après un faits diers retentissant pour braquer les projecteurs sur un vrai Radeau de la méduse. Rien qu’en traînant (et même à la télé ou en festival de Bourges), le groupe surnage difficilement, opère un baroud d’honneur sur un chemin plus dirigé vers le reggae déstabilisant pour les ultras avant Une dernière fois qui laissera des fans orphelins, bien plus nombreux qu’ils se comptaient.

Heureusement, Les Héros du peuple sont immortels et un superbe travail de réédition a été effectué depuis, et les deux bouquins clôturent avec tendresse et authenticité une histoire souvent tragique mais belle, où l'humain, pour une fois sans artifices, pour ne pas dire à nu, est mis au centre. On recommande, et pas seulement aux rockeurs !

300 pages avec quelques photos en noir et blanc, 14 € - IMPRIMÉ EN FRANCE !

ISBN : 9791027802104

1 voir Trente ans de cavale - Ma vie de punk de Gilles Bertin (Éditions Robert Lafont - 2018). Tu peux aussi cliquer sur le mot-clé du nom du groupe pour un tapée de chroniques.

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