Chroniques concerts
08
Mai
2022
mosh fest montpellier grindcore hardcore concert

Le plaisir de se retrouver était palpable la veille 1, rebelote pour ce samedi chargé qui démarre direct ou presque à notre arrivée !

Les sud-basques URGULL rappellent terriblement cette cassette des RAMONES de l’adolescence (It's alive à tous les coups, une des meilleures cassettes de l’adolescence qui soient) qui, soudain retournée à n'importe quel moment de la bande, chantait exactement la même chose de l’autre côté. Du coup, c’est comme si le groupe jouait un long morceau bourrin dont les seules surprises seraient une affreuse basse sans tête et les encouragements d'un (hard) roteur particulièrement doué. Mais le papier de verre audio en apéro fait toujours plaisir, ainsi cet old school brrrrreeeeuhhh qui bombarde sans fioriture à la UNHOLY GRAVE, en tout cas on y pense à l'écoute, tout autant qu’à DRILLER KILLER, ANTI CIMEX hatezétérat.

La géométrie variable, ça a du bon : la basse horrible en moins, deux membres d’URGULL reviennent sous une autre identité, HORROR Y MUERTE, un truc plus grind / noisecore punk avec deux chanteurs qui, poussant le bouchon sans frontières un peu plus loin, hurlent directement depuis la fosse aux requins (enfin, il n’en reste qu’un aileron), depuis notre jardin personnel de circle-pilier (© depuis des plombes, bandes de pilleurs !) désormais interdit à noszigues, la faute à un matériel osseux laminé par l’exercice, surtout feu celui de l’apéritif vinatoire. En attendant, ces trublions basques semblent peu pressés dans leurs enchaînements (« doucement les basques »), ce qui n'est pas tout à fait le cas de tout le monde.

Allô allô, la recherche de basse avec tête continue, le troisième groupe est lui aussi amputé, c'est quoi cette épidémie peu banale ? Le goregrind à la RECTAL SMEGMA and Co. revient à la TAF sous la forme du trio A. D. T. venu de Lyon ! Un horrible sample débute une prestation déguisée assez ridicule mais les bonhommes n’en ont cure et s’attaquent a un gore gruik évoquant les fantômes GUT et CBT. Un poil miné par cette étrange intro, faut dire qu’on manque violemment d'humour, la sortie de salle se produit, presqu'involontaire, mais bien réelle dès la première minute écoulée. D'au-dehors, le goregrind toujours audible ne peut rien face au soleil qui tendrement rejoint les bras de la mer, c'est bô, putain. Enfin, y paraît.

On l'a sûrement déjà fait mais si c’est le cas, on n’en a strictement rien à foutre : les CHIENS aboient et Saint-Jean-de-Védas trépasse ! Et puis d’abord sans déconner, z’êtes gentils, mais comment le dire autrement ?! Car c’est dès la première allumette audio grattée, le chaos total, un incendie d'où émergent des musiciens étrangement beaux dans leur ardeur à s'exprimer de la manière la plus bruyante possible, un groupe toujours plus extraordinaire à chaque fois, devant lequel le pit est proprement fulgurant, tout ça s’apparente à un monstrueux katamari de doux-dingues au sourire proportionnel à l'excessive qualité des morceaux qui défilent comme autant de coups de batte en alu dans les murs de silence d'un monde coupable.

Les ibériques de TEETHING ne sont franchement pas connus pour faire de la figuration, encore moins après l'incendie précédent. D’où la sortie d’un arsenal conséquent. Même si le quatuor ajoute des particularités à son hardcore grind comme les passages proto (RAGE AGAINST THE MACHINE) / « néo » metal et rafales plus punkastagne crusty, même si tout ça sonne plus « jeune » pour un fan de grind crust à l’ancienne, la prestation restera sans faille aucune, le charisme de ces gens ne se démentira pas et le public, enfin, tous ces gens qui jouent au air-rameur sans pourtant écouter MORTICIAN, le public donc, le leur rend bien en transformant rebelote la salle en shaker géant, il faut le voir pour le croire. Et le VIVRE.

Dans le genre « il faut l’entendre pour le croire », le père Sèb’ se pose là. Le gosier légendaire du monsieur ne semble pas souffrir du temps malgré des subtilités dans le menu qui auraient pu le faire croire, et c’est plutôt injuste pour les autres, on n’a qu’à dire que c’est bien fait, tiens. Nanti d’un énième nouveau line-up, SUBLIME CADAVERIC DECOMPOSITION n'a peut-être jamais autant sonné metal, les influences death, black, doom sont plus que palpables dans un mix brutal et chaotique, il montre aussi une sorte d'humanité, peut-être via les textes français que l'on décèle ici, là et encore là. SCD ou le magma total, un geyser de sang brûlant en pleine chetron accueilli avec un sourire béat depuis Dead Church #1 (rentrée 1999).

Si l’on parle de chaleur, avec BLOCKHEADS, qui ne veut d’entrée pas lambiner, deux ans sans concert = le groupe est dingue, on atteint carrément le centre de la Terre, toute la masse de passion, de bruit, de sueur, ne fait plus qu’une, dernier groupe, dernier effort avant un retour à la normale, voire pire, que tout le monde craint un tantinet… Alors ça bastonne dans tous les sens, Xavier est déchaîné tout en dégageant une sage puissance de fauve, les musiciens sont juste effarants quand il s’agit de pilonner (non mais ce batteur hurleur est forcément doté de quelque chose de plus que les autres, une machine !!) et on fait la manche pour les centimes qui manquent pour attraper le 33-tours, match retour dans le salon, le temps de finir le pilier !

Le deuxième T-shirt de Nawakulture fait plaisir à donf, mosh'til death les copains, et tant pis pour les absents. On the road again !

Spéciale Ged-y-casse à Skanny et Thierry, oh et puis tiens, à la catapulte en carton de M. D. U. !

1 voir Mosh Fest #7 - soir 1 : LENG TCH’E [Bel] + LØVVE [Fra] + TINA TURNER FRAISEUR [Fra] + WHORESNATION [Fra] + PUTRID OFFAL [Fra] à Saint-Jean-de-Védas, Secret Place le 06/05/22 et afin de lire plein d’autres chroniques à l’occasion, clique juste sur les noms en rouge.

Galerie de photos : https://www.nawakulture.fr/photos-concerts

Chaîne de vidéos : https://www.youtube.com/c/GedDudumoshingcamdici

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