Chroniques DVD
11
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

oury de funès montand comédie film

Genre : entre Roméo, Cyrano et...Iznogoud ?

Scénar : « les pauvres, c’est fait pour être très pauvres, les riches, pour être très riches », la belle mentalité que voilà ! L’irascible collecteur des impôts Don Salluste, ministres des finances et de la police de Charles II d’Espagne, sous couvert d'agir sur les ordres du Roi, se sert généreusement au passage dans les tributs extorqués aux paysans à qui il demande en plus de l’acclamer, y a des coups de bâton qui se perdent ! Heureusement, Blaze, son malin valet, essaie tant bien que mal de jouer discrètement au redresseur de torts, quitte à se faire houspiller ou battre. La découverte que « la Reine a un coquin » est une superbe occasion pour Salluste de s’enrichir encore mais il s’agit en fait de Blaze, amoureux transi de la très jolie blonde ! Salluste n’aura pas le temps de capitaliser sur cette information car il est soudain révoqué par la Reine, ses biens sont confisqués par la Couronne pour avoir enfanté une suivante de Sa Majesté !! Il jure de se venger en se servant de Blaze qui se fera passer pour un noble revenant d’Amérique et compromettra bon gré mal gré la Reine. En parallèle, un complot implique des Grands d’Espagne, « il est l’or, Monseignor » de passer à l’action, mais personne ne peut prévoir les coups du sort, Blaze devient le favori du Roi et, pire, il entreprend des réformes !!

Après Le Cerveau 1, Gérard Oury lance un nouveau projet loufoque, détournement épicomique du Ruy Blas de Victor Hugo qu’il réécrit avec Danièle Thompson et Marcel Jullian. Et tant qu’à y être il va faire appel à des acteurs de haute volée, d’abord en France (Louis de Funès, Yves Montand, Alice Sapritch, Paul Préboist) mais aussi, coproduction oblige, en Espagne (Don Jaime de Mora y Aragón, Eduardo Fajardo), en Italie (Venantino Venantini, Gabriele Tinti, Sal Borgese) et en Allemagne (Karin Schubert). Et pourquoi pas un argentin en la personne d’Alberto de Mendoza ? Ce qui est sûr en tout cas, c’est que les têtes d’affiche françaises ont l’occasion d’en faire des mégatonnes au travers de scènes inoubliables et poilantes (la baignoire, le colin maillard), Montand en profite aussi pour chanter et danser tandis que De Funès se livre pour ne pas changer à un festival de…De Funès ! Pourtant, sa prestation est plus sobre que d'habitude malgré un chapeau aux pompons verts très seyant et un sujet prometteur : incarner enfin un véritable méchant dans une énième variation des relations entre maîtres et valets. Mais attention, certains seconds rôles sont terribles comme Alice Sapritch ou la sublime reine Karin Schubert, plus tard recyclée dans le film moins grand public.

Avec une photographie superbe d’Henri Decaë qui met en valeur des décors et des costumes splendides, quel plaisir de voir d’emblée foncer un attelage sur une musique hypertonique et très morriconienne de…Michel Polnareff ! Le film regorge d’action entrecoupée de gags cartoonesques nantis d'accessoires et de déguisement hilarants (on a beau être astucieux pour envoyer des bouquets aux dames, il faut parfois faire attention aux douches froides, tout autant qu'aux hallebardes anti-flamenco), de quiproquos, de danseuses incendiaires, de dialogues croustillants et parfois si justes (« que vais-je devenir ? Je suis ministre, je ne sais rien faire »), et, pour ravir les fans de westerns italiens qui ne seront pas dépaysés puisqu’Almeria est au programme, de bonnes bagarres et des duels à l'épée ponctuent cette histoire de vengeance aux rebondissements multiples. Encore une fois un très bon moment de divertissement pour toute la famille, essentiellement grâce aux deux têtes d'affiche qui par chance, malgré des débats idéologiques inutiles pour des gens si socialement différents, s’entendaient bien et s'infligent dans le film une infinité de brimades, visiblement non sans s’amuser. Un classique absolu de la comédie à couleur historique, va savoir si Hugo n’aurait pas aimé ?

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