Une petite contribution ?

Chroniques CD
12
Sep
2020

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Vroum, un gros cylindre signale soudain sa présence bruyante,

le rock fait ensuite de même, une machine vient de naître, elle se caractérise par de gros riffs, une basse qui sonne comme un B-17 au décollage, une batterie que ne s’économise pas et cette voix génialement éraillée et profonde à la fois, sonnant parfois presque rhythm and blues et soul, en tout cas en même temps qu'en droite lignée du clash musical de l’époque, entre rébellion punk et puissance metal, rock’n’roll en tout cas puisque môssieur Kilmister se foutra systématiquement et de tous temps des autres appellations musicales que celle-là.

Pourquoi ce premier album n’est-il jamais sorti après son enregistrement est une des nombreuses histoires tordues qui jalonnent la longue saga du rock, disons que le Grand Architecte de l’Univers, qui peut death-y-dément être très con, avait décidé que MOTÖRHEAD ne devrait se faire connaître que plus tard, avec l’ultime formation qui martyriserait les feuilles de toute une génération (1976-1982) : Lemmy (basse / chant), « Fast » Eddie Clarke (guitare) et Phil « Philthy Animal » Taylor (batterie), placés sous la fabuleuse mascotte-logo créée par Joe Petagno en 1977, et donc anachronique sur cette couverture.

Mais ce n’est pas parce que les encyclopédies faites par les nazes les oublie qu’on omettra ici la formation précédente de 1975, montée juste après l’éjection de Lemmy du vaisseau perché HAWKWIND (auquel certains remugles de ce disque, sur Vibrator par exemple, font encore penser…). Préférant à BASTARD, le premier nom choisi, le judicieux MOTÖRHEAD (ici, on traduirait par « tox’ » mais tu trouveras sûrement mieux), Ian Fraser Kilmister dit Lemmy déniche le guitariste Larry Wallis (transfuge des PINK FAIRIES) et l’éphémère batteur Lucas Fox, multiplie les dates avant de bloquer un studio du Pays de Galles (les Rockfield Studios de Monmouth) pour enregistrer ses compositions (Motörhead bien sûr, The Watcher et Lost Johnny, seul morceau - au passage écrit pour HAWKWIND - où subsiste une trace de Fox, viré au profit de Phil Taylor qui jouera tout le reste de l’album 1) mais aussi celles de Wallis (On parole, Vibrator, City kids du répertoire des FAIRIES, Fools…) et un standard Rhythm and blues de la Motown : Leaving here.

Cette réédition de 1997, remasterisée aux Abbey Road Studios, des neuf titres mis en boîte par Fritz Fryer est augmentée de quatre prises alternatives de On parole, City kids, Motorhead et Leaving here (produites par Dave Edmunds, la première l’ayant été aussi par le groupe lui-même). Le livret contient des photos (celle du Patron, live, est géniale) dont certaines voit Lemmy arborer tout ce qui fera la polémique autour du groupe, sa collection assidue liée à l’armée allemande de la seconde guerre mondiale. Sinon, Mick Farren, chanteur des DEVIANTS mais aussi journaliste et parolier (pour…HAWKWIND avec Lost Johnny mais aussi pour…les PINK FAIRIES et plus tard…MOTÖRHEAD !) signe aussi un texte sur l’époque un poil mouvementée de cet enregistrement.

Fuck United Artists tiens au passage !

1 pirouette du destin, Lucas Fox est aujourd’hui le seul musicien évoqué de cet article à toujours être vivant, et en activité encore, chez…PINK FAIRIES… aux côtés d’un…ex-HAWKWIND, on n’en sort jamais ! Pour le reste, si tu veux lire des tonnes d’articles au sujet de MOTÖRHEAD, clique donc sur son nom en rouge bordel, c’est quand même pas compliqué !

Les mots-clés :

Quelques chroniques en vrac