Chroniques Blu-Ray
14
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : le petit chaperon rouge sang

Scénar : c'est comme ça, tous les cent ans, le château de la famille Wildenbrück voit sa longue histoire entachée une nouvelle fois par une série de meurtres horribles. Une des deux filles du patriarche, grimée en une dame rouge, tuera l'autre après avoir occis six personnes comme le figure un tableau fort morbide dans le salon. Personne ne s’étonnera de voir s'inquiéter le grand-père du XXe siècle quand ses deux petites-filles qu'il a sous les yeux se disputent violemment, comment cette histoire va-t-elle finir si un jour finir elle doit ? Il décide en tout cas de leur raconter comment elle a commencé, leur laissant deviner que la prochaine date fatidique aura lieu dans quatorze ans. En 1972, précisément l'année dite, une des deux sœurs concernées est devenue photographe de mode reconnue tandis que l'autre vit apparemment aux États-Unis sans que personne n'ait eu de nouvelles depuis des années. Et quand une série de morts suspectes commence à défrayer la chronique, les pistes se brouillent, les suspects sont même nombreux, car la sœur absente ne devrait pas pouvoir être soupçonnée. Et puis surtout il semblerait que chacun des protagonistes ait une raison de vouloir se débarrasser des autres, par exemple à l'occasion d'un héritage.

Après L’Appel de la chair sorti l’année précédente, une bonne partie de l'équipe d’icelui (Marina Malfatti pour un nouveau rôle du haut de l’affiche, Fabio Pittorru au scénario, Lorenzo Baraldi à la direction artistique, Bruno Nicolai à la musique, Romeo Ciatti au montage…) revient pour instaurer une atmosphère tout aussi étrange pour La Dame rouge tua sept fois qui sera bizarrement le dernier film d’Emilio Miraglia, death-y-dément un réalisateur aussi doué que méconnu. Le choix des actrices mettra forcément tout le monde d’accord : toujours des femmes extrêmement sexy - à commencer par la sublime Barbara Bouchet - qui cachent des failles profondes jonchées de secrets, de non-dits, de fantasmes et d’ambitions qui ne souffrent pas les obstacles. Les pauvres hommes font comme d’habitude, jouent les coqs ou les professeurs mais oublient qu’on ne peut lutter contre une femme, blessée qui plus est. Et encore faut-il avoir l’intuition, l’attention pour faire la lumière sur des « malédictions » qui, telle celle des Wildenbrück, se révèlent finalement bien plus terre à terre que le voudraient les superstitieux. Le hasard ? La chance ? Le Mal tout simplement, qui ne nécessite aucune intervention extérieure / supérieure.

Les créateurs de cette production italo-allemande savent s’y prendre pour installer cette noirceur dans un autre écrin bien que parfois similaire au précédent (encore un hôpital psychiatrique par exemple, encore des détails typiquement gothiques, d’une crypte sans âge aux toiles d'araignées en passant par une statuette démoniaque, un tableau sanglant ou encore l’apparition fébrile des rats, toujours annonciateurs de quelque malheur physique à celle ou celui qui les croise…), le réalisateur n’a pas changé son fusil d'épaule avec une histoire bien chargée en frissons qui rappellera forcément quelque chose aux ouailles du Mario Bava de Six femmes pour l’assassin (les femmes vénéneuses d’un univers aussi impitoyable que celui de la mode où la beauté fait tourner les têtes et les caisses enregistreuses, les meurtres sanglants qui se succèdent inexorablement…). La Dame rouge tua sept fois est de plus nanti d’une très chouette musique et le tournage en Allemagne donne l’occasion d’admirer que les bus estampillés Jägermeister sont juste magnifiques, pour changer un peu des inévitables bouteilles de J&B, éternel sponsor du cinéma Bis italien. Merci une fois de plus à Artus de faire redécouvrir aux indécrottables fans un nouveau petit bijou filmé !

Bonus : présentation du film par Emmanuel le Gagne (23’), entretien avec la réalisatrice Lucile Hadzihalilovic (14’), diaporama, bande-annonce originale ainsi que celles de L’Appel de la chair et du Parfum de la dame en noir.

Infos / commande : https://www.artusfilms.com/giallo/la-dame-rouge-tua-sept-fois-349

Les mots-clés :

Vous aimerez sûrement...

Quelques chroniques en vrac

scorpions hard rock allemagne vinyle
punk rock français vinyle compilation