Chroniques Blu-Ray
20
Mai
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

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Genre : érotisme d’une autre dimension

Scénar : la danseuse sulfureuse Cynthia est attendue après son numéro on ne peut plus déshabillé par un couple de mystérieux clients pour qui elle semble prête à tout en bonne nymphomane. Ce couple est en fait composé d’Alpha, un être malveillant venu d’une autre dimension, et d’Andros, son esclave humain depuis un crochet malheureux par le Triangle des Bermudes… Après l’avoir fait picoler et avoir fait joujou avec, ils déposent sur la peau de Cynthia une substance mortelle pour les victimes qu’ils ont désignées et qu’elle devra tuer pour le compte d’Alpha qui la manipule comme un golem de chair. Deux médiums trop curieux ou pas, mais aussi un chercheur qui s’intéresse d’un peu trop près aux dimensions étrangères, sont désormais en danger. Cynthia est elle complètement dominée par ses ravisseurs qui l’ont transformée en irrésistible poison vivant donnant la mort en faisant l’amour, un peu comme un certain virus qui ne tardera pas à défrayer la chronique dans la vraie vie. Parviendra-t-elle à fuir l’emprise télépathique du couple, qui punit le moindre signe de rébellion par le fouet, et avertir l’humanité du danger qu’elle encourt ?

Mine de rien, Artus commence à avoir un sacré paquet de films du stakhanoviste Jess Franco au catalogue, sûrement grâce à l'aide ultérieure d’Alain Petit, grand spécialiste français de sa filmographie-fleuve sur laquelle il revient dans un livre énorme sorti chez le même éditeur et à lire absolument 1. En ce milieu des années 1970, Jess Franco retrouve une muse après la perte tragique de Soledad Miranda dans un accident de voiture au Portugal en 1970, l’élue se nomme Lina Romay. Celle-ci, encore mariée au photographe Ramon Ardid, joue d’emblée des scènes très osées (on est, sans jeu de mots facile, à deux doigts du porno et le film n'est bien sûr pas à laisser entre toutes les mains puisqu’interdit au moins de seize ans), du lesbianisme au sado-masochisme en passant par des choses plus conventionnelles avec le personnage d’Andros qui ne quitte jamais ses lunettes de soleil. Il est en fait interprété par son mari ! Jess Franco joue bien sûr un rôle dans son film, celui d'un psychiatre (ce docteur Seward rappellera peut-être quelque chose aux lecteurs de Dracula) qui ressent une présence maléfique pas loin de son institut mais son truc à lui, c’est bien plus la caméra, évidemment très voyeuse, qui se frotte de près à une Lina offrant une symphonie de cris de jouissance, un numéro de danse nue avec chair huilée pour mériter le nom de son spectacle (Shining sex, suivez un peu !), pas sûr toutefois que cela fonctionne avec tout le monde mais bon, mettons…

Le scénario tordu n’occasionnera pas de jaloux parmi très peu de personnage, les hommes (enfin un seul) sont aussi nus que les femmes, les effets d'une extrême simplicité (ah, les images filmées dans le reflet des lunettes) et on n’aurait trouvé mieux nulle part ailleurs qu’à la Grande Motte (une fois de plus sans jeu de mots foireux) qui venait de sortir de terre, ce lieu que l’on aime ou que l’on déteste (option 2 ici si on peut se faire maître) apporte en étrangeté à ce récit de science-fiction (une rareté dans la filmographie de Jess Franco) tandis qu’on choisit Aigues-Mortes pour le côté plus fantastico-fantomatique, tant qu’à y être, la Camargue fera office d’une Afrique, fantasmée ou pas. Pour rester dans son époque, l’équipe a choisi pour ses intérieurs des tapisseries kitsch qui font mal aux yeux. La horde sauvage Production Eurociné + Jess Franco et Lina Romay + musique Daniel White (très jolie partie de batterie lors de la promenade en Camargue) = toujours des films particuliers, foutraques au niveau d’un doublage français parfois très hasardeux, d’une histoire biscornue et au rythme assez lent (1h45 tout de même) mais à la jolie photo (Cynthia est plutôt belle quand elle n'est pas horriblement maquillée, les décors sont mis en valeur) et à l’érotisme cru (cette longue scène de danse bien plus corsée que chez d'autres réalisateurs). Artus livre ce film dans un master 2K restauré, en version intégrale et sous forme d’un combo digipack - BluRay / DVD.

Bonus : présentation par Daniel Lesœur (15’), présentation par Stéphane du Mesnildot (22’), diaporama, bandes-annonces originales de la collection

Infos / commande : https://www.artusfilms.com/jess-franco/shining-sex-369

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