Chroniques DVD
11
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : cruauté, ébriété, ruralité.

Scénar : ah c'est sûr que pour les bouseux de ce village des Cornouailles, Amy est sûrement très affriolante avec ses longs cheveux blonds, son pull moulant ses seins nus, il est des endroits où libérer son corps est encore très « mal vu » en 1971. Fantasque, elle ne trouve rien de mieux que d’offrir à David, son mari américain qui pensait se mettre au vert pour écrire son livre scientifique, un piège qui servait jadis à attraper les braconniers. Elle revoit après ses quelques années d’absence un type du village, Charlie, qui se montre très motivé quand on lui propose d’aider à la construction du garage du couple sur lequel « bossent » déjà des gars pas pressés d’en finir. Eux aussi se font des idées tellement Amy est séduisante / séductrice. David a pour sa part beaucoup de mal à écrire, Amy ne semble pas comprendre son besoin de solitude pour avancer le travail, ne manquait plus que leur chat pendu dans le placard… Est-ce un avertissement ? Ce n'est en tout cas pas un bon présage, Amy soupçonne les ouvriers et est folle de rage devant le peu d'empressement que met David à chercher la vérité. Lors d’une chasse, Charlie profite de l’absence de David pour violer Amy mais un des ouvriers surgit et l’agresse à son tour. Pourtant, elle ne dira rien à son mari. Un accident de la route impliquant un type bizarre mettra le feu aux poudres.

Sam Peckinpah pouvait-il faire aussi fort que La Horde sauvage puisqu’il retourne à l’ultra-violence après Un nommé Cable Hogue plus paisible et rigolard ? La réponse est oui, cette adaptation - très libre - d’un roman de Gordon Williams (The Siege of Trencher's Farm, publié en 1969) va même devenir avec des camarades de promotion comme L'Inspecteur Harry, Orange mécanique, Les Diables, La Dernière maison sur la gauche ou Thriller, une représentante très controversés d’un cinéma extrémiste dans sa volonté de tout montrer, quitte à être taxé de violence gratuite, de sadisme, de pornographie malsaine. Mais c’est vrai qu’on a beau regarder de tous les côtés dans la population de cette bourgade, on n’y voit rien d’autre que les omniprésentes violence et perversion, l’alcool et l’hypocrisie de la religion, l’ouverture du film se fait sur une pierre tombale, pour donner le ton peut-être, et la musique de Jerry Fielding (Johnny s'en va-t-en guerre, Le Flingueur, Josey Wales hors-la-loi, L'Épreuve de force) est loin de contredire la chose, tout autant qu’un montage très efficace dans le genre inquiétant. Très vite on aperçoit aussi l’excellent acteur David Warner (déjà vu aux côtés de Cable Hogue, on le reverra dans La Malédiction, Croix de fer ou Bandits bandits), mesdames et messieurs, voici le détonateur !

Incomparable quand il s'agit de filmer la folie et la violence, Peckinpah signe un nouveau chef d’œuvre mené par un couple formidable. Susan George rappelle un peu le jeu qu’elle joue avec Charles Bronson dans Twinky, on la retrouvera tout aussi craquante dans Larry le dingue Mary la garce, L’Implacable ninja, Venin ou La Taupe. Et dire qu’on lui a collé comme mari Dustin Hoffmann et son éternelle tête d'ahuri… Sauf que le bonhomme en a sous le pied, interprète avec brio l’intellectuel qui se veut clairvoyant mais qui ne voit rien, par exemple que la fille superficielle qui lui sert d’épouse est plus profonde qu'on le pense, elle s'ennuie, fait allusion à une éventuelle maternité mais chacun vit dans sa bulle jusqu'à ce que tout éclate. « N’oublie pas de tirer les rideaux » ? Eh bien elle n’en a simplement pas envie, pourquoi d’abord puisque son compagnon ne semble s’intéresser qu’à son tableau noir et à ses équations ? Pourtant, quelque part, David voit vite le jeu que jouent pas mal de gens du village (certains s'étonnent que des Américains n’aient pas participé à des lynchages ou à des massacres !), certains viennent même espionner leur magnifique maison de pierre, de bois, de fer, ben tiens, si on leur offrait à mater une sorte de Rio Bravo complètement dingue ?!

L’énigme du film : qui reconnaîtra dans une série récente et bien connue l'acteur de l’oncle complètement taré Tom ?

On a eu entre les mains deux versions, une d'1h51 en 4/3, une d'1h53 en 16/9, t'as plus qu'à chercher !

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