Chroniques Blu-Ray
27
Mar
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

riccardo freda mario bava bluray

Genre : l’attaque de la serpillère géante

Scénar : la magnificence de leurs pyramides laisse inexpliquée la raison pour laquelle les Mayas ont dû fuir en 607 avant Jésus-Christ… La légende qui circule autour de la déesse sanglante Caltiki ne peut satisfaire des scientifiques qui viennent explorer le coin. Mal leur en prend… Un homme hagard erre ensuite parmi les ruines, c’est l’un des deux archéologues, Nieto, qui arrive à rejoindre son campement avant de s'évanouir. Il semble souffrir d'une panique totale et il est de plus revenu sans son collègue Ulmer que les hommes du camp décident d’aller chercher à la grotte où les deux s'étaient rendus. Mais les indiens qui les accompagnent craignent que leur visite ait déclenché une malédiction et que les mauvais esprits soient revenus faire un tour… Dans les profondeurs de la terre, ils se retrouvent dans une sorte de temple dédié à Caltiki où une forte radioactivité se manifeste sur le compteur Geiger. Ils décident pourtant de plonger dans le lac d'où proviendrait le danger avant d'abandonner les recherches. Ils développent aussi un film découvert dans la caméra du disparu : visiblement, profaner le lieu provoque la sortie d'une chose gluante qui ne veut aucun bien à qui que ce soit, reste à savoir d'où elle vient et comment elle peut aspirer toute force vitale de l'organisme dont elle s'empare…

Ah mais alors là oui ! Caltiki, c’est indéniablement le plaisir toujours aussi merveilleux de voir cette photographie et ces effets spéciaux signés par une seule et même personne : Mario Bava. Rappelons que Riccardo Freda a très souvent déclaré qu’il n’était pas pour grand chose dans ce tournage : énervé par les réalisateurs qui utilisaient les talents indéniables de Bava sans jamais le payer de retour, il aurait poussé afin que son collaborateur ait enfin la possibilité de réaliser lui-même un film avant de se barrer en plein tournage. Ce sera, soi-disant, Caltiki même si Le Masque du démon, film que Bava extorquera aux producteurs en échange de son travail sur Caltiki, marque ses vrais débuts officiels. Revenons à nos streumons, c'est si drôle de voir à quel point on pouvait faire ce que l'on voulait ou presque avec quasiment rien (l'évasion de la serpillère gluante est un grand moment de cinéma pour qui l’aime foutraque à souhait !), d’autant plus que le noir et blanc est bien pratique pour camoufler un minimum des éléments visuels et la nuit, bien sûr, c'est encore mieux. Pour rester sur le noir, ils sont très, très noirs ces autochtones censés représenter le peuple du Mexique, non ? En tout cas, la chorégraphie qu’ils contemplent est de toute beauté et on ajoute un joli travail général sur la musique.

L’attrait de Bava pour le fantastique horrifique nécessite le trousseau dont il usera pendant des lustres, sont donc bien là les ruines, les crânes et les squelettes, les serpents, le feu, les ombres menaçantes (et une pointe d'expressionnisme au passage) et celui de Freda pour l’aventure (difficile de ne pas penser à l’atmosphère des vieux films d'aventure des années 1930 - avec leurs superbes jeunes femmes, leurs mystères, leurs trésors et leurs personnages louches - et pourquoi pas  au Temple du soleil - au hasard astronomique aussi incroyable, sorti en 1949)  s’entremêlent pour donner naissance à ce cocktail nimbé aussi de science-fiction, de film de monstre mais aussi de gore (sûrement une première dans le cinéma italien que cette tête méchamment malmenée entre autres) et d’un déroulement carrément pas loin du found footage avec cette caméra faussement tremblante vingt ans avant Cannibal holocaust ! En attendant l’époque moderne, Caltiki surfe heavy-demment sur le retentissement de Danger planétaire (The Blob) sorti l’année suivante, et on en est encore à espérer d’autres « ordinateurs » que ces géants ancêtres des petites saloperies que vous avez en main ! C’est aussi encore l’époque où le patibulaire Gérard Herter avait encore quelques poils sur le caillou, c’est dire !

Définitivement un film plus drôle qu’impressionnant mais faisant indéniablement partie du patrimoine du cinéma bis à tendance radioactive. Comme vous l'aurez forcément remarqué, le cinéma des années 50 à 70 a notre préférence absolue sur tout le reste, particulièrement les choses les plus tordues : avec Caltiki, on est servi !

Bonus : présentation du film (19’) par Stéphane Derderian qui revient surtout sur la notion de cinéma Bis de façon fort érudite et plaisante, et en bonus on a droit au pressbook américain hop, Bava & Freda par Christian Lucas (10’), générique français, diaporama, bande-annonce original et un livret 64 pages de Christian Lucas « Le Blob italien », tout ça emballé dans un coffret digipak contenant BluRay et DVD

Infos / commande : https://www.artusfilms.com/sf-vintage/caltiki-le-monstre-immortel-376

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