Chroniques DVD
17
Juil
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : anticip’action

Scénar : en 1988 aux États-Unis le taux de crimes a augmenté de 400 % ! C'est pourquoi Manhattan devient une prison à ciel ouvert dont les limites sont piégées et surveillées par une armada de poulets. Mais intra-muros les criminels se débrouillent entre eux car pas de gardien à signaler sur le périmètre. De toute façon, il n'y a pas de possibilité de sortie. Il va pourtant bien falloir trouver un moyen quand en 1997 l'avion du président est détourné par des anarchistes et s'écrabouille dans l'île. Seul l'ancien soldat Snake Plikssen semble assez doué pour aller le récupérer. Hauk le chef de la police lui promet le pardon de ses vils méfaits en échange de la mission quasi-suicide lors de laquelle il devra affronter plusieurs tribus qui peuplent Manhattan, tout ça en 22 heures s'il veut échapper à un explosif qu'on lui a gentiment injecté dans le corps.

Après le très bon Fog 1, John Carpenter s’attaque enfin à un projet écrit en 1974 mais que personne à l'époque n'avait voulu produire, le scénario un rien corrosif juste après les anicroches Nixon arrivait un peu tôt. Entouré d’une géniale galerie de sales gueules chevronnées (Van Cleef, affublé d'une boucle d'oreille, Borgnine, Pleasence un tantinet bouffi, Hayes, Stanton…), Kurt Russell évolue, aux côtés d'une poignée d'acteurs qui ont déjà joué pour Carpenter (dont sa femme Adrienne Barbeau) dans un univers dystopique où on ne s’embarrasse pas des bonnes manières pour expédier les parasites hors de la vue, on note même qu’il est possible d'être incinéré sur place au lieu d'aller en prison, la classe non ? Tourné à Saint-Louis, Missouri, après un incendie qui ravagea une bonne partie de la ville, les ruines déglinguées et taguées se révèlent même dignes du semi-post-apocalyptique en vogue depuis le premier Mad Max 2. Chouette décor donc, même en maquettes, conçu entre autres par Joe Alves, réalisateur des Dents de la mer 3.

Pour les amoureux du genre, New York 1997 n’a quasiment pas pris une ride et c’est un régal de voir galérer le légendaire dur Snake Plissken, individualiste et cynique, limite nihiliste, toujours aussi classe avec son bandeau à la Albator. Le scénario est minimaliste mais fonctionne bien, d’autant qu’il est truffé de détails marrants : Plikssen est connu partout, son nom est presque un sésame même si tout le monde s’évertue à le croire mort. Il a aussi droit à un grand classique : le combat contre une énorme brute sur un ring, mais aussi à des embrouilles régulières avec les habitants de ce dangereux microcosme overdécadent (qui ont des tronches et portent des tenues marrantes comme dans Les Guerriers de la nuit de Walter Hill), en particulier les inquiétants et bien nommés « Crazies »…

À fond d’action, un poil d'humour, un soupçon d'horreur dans ce film qui va engendrer des tonnes de semi-plagiats, particulièrement en Italie quand Mad Max deuxième du nom et lui auront leur petit succès. N’empêche, l’image d'un avion filant droit sur les Twin Towers a aujourd'hui quelque chose d'assez troublant, un peu comme l’impressionnant décolleté de fräulein Barbeau.
 

Bonus : dans ce chouette coffret cartonné, on trouvera aussi le CD avec une partie de la bande originale hypnotique (dont le titre principal, on ne me l'enlèvera pas de l'esprit, rappelle l'intro du Won't get fooled again des WHO) composée par John Carpenter lui-même avec l'aide d’Alan Howarth. Au menu du DVD s’ajoutent une présentation par John Carpenter (2003, 11’), « Carpenter vu par… » (plein de gens, 21’), des galeries de photos, les filmographies et les bandes-annonces.

1 voir Fog de John Carpenter (avec Adrienne Barbeau, Jamie Lee Curtis…) 1980

2 voir Mad Max - L'Intégrale de Georges Miller et George Ogilvie (avec Mel Gibson...) 1979-1985

3 voir Les Dents de la mer 3 de Joe Alves (avec Dennis Quaid, Bess Armstrong...) 1983

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