Chroniques DVD
02
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : violenza carnale e vendetta

Scénar : en 1855 en Lucanie, dans le royaume des Deux-Siciles, son frère Antonio ne pouvant plus supporter les exactions du baron Carteri, Dina Franco décide de le rejoindre malgré les appels à la prudence de ses proches. Le potentat peut envoyer l'impôt à Ferdinand II grâce à tout ce qu'il vole aux travailleurs dont certains fulminent. Carteri a de plus proposé à Dina une grosse somme d'argent pour qu'elle accepte de coucher avec lui mais elle le gifle publiquement, il lui jure qu'elle le regrettera. Sa diligence est attaquée par sept bandits masqués sous les ordres de Rocco Gravina qui trouve Dina à son goût. Après avoir tué les passagers, les bandits violent et tuent Dina. Quand il arrive sur la scène du crime son frère découvre que quelqu'un a eu le temps d'écrire Carteri avec son sang, découvre le cadavre de sa sœur et met en œuvre une vengeance implacable. Le baron a peur : une procession est prévue au programme ainsi que la visite de l'intendant du roi qui est là pour enquêter sur le détournement des impôts... et Antonio Franco semble insaisissable ! Sa tête mise à prix ne le décourage pas et une journaliste anglaise voudrait bien rencontrer ce vengeur intrépide qui descend le baron après qu'il lui a appris le nom des bandits.

 

Après les mers infestées de pirates de son dernier film 1, Umberto Lenzi rejoint les terres, plus précisément celles de l'Italie su sud où va se dérouler une histoire écrite entre autres par Luciano Martino et Ernesto Gastaldi : Duello nella Sila. Il ne faut donc pas se fier à la première image du film légèrement trompeuse puisqu’on dirait, avec un homme sur un cheval cabré, une photo de Zorro. Ceci dit, si vous êtes patient, sachez que le Renard californien viendra plus tard dans la filmographie de Lenzi, grand pourvoyeur de films d’aventures dans les années 1960. En attendant, on a droit ici à un duel d'honneur typique du pays cadre, la vengeance façon Talion étant de mise. Après, on pourra se dire que pour quelqu'un qui veut venger un viol, le personnage principal ne perd pas de temps pour sauter sur la magnifique paysanne qui l'aide à échapper à ses poursuivants. Fernando Lamas fait sûrement ce qu’on lui dit, mais tout de même. Sinon, on est bien content de revoir la belle Lisa Gastoni (forever Mary Read !) mais aussi Armand Mestral (L'Étrange Monsieur Steve, c’est lui !) et on se dit que la rencontre avec la belle Lina Orfei ne risque pas de laisser de marbre (on l’a de plus contemplée dans le génial Moulin des supplices !)

 

Si l'on regarde de plus près ce film situé pile poil entre drame et aventures historiques, on jurerait parfois avoir affaire à un western juste avant l'heure (pour mémoire, le premier de Leone déboule en 1964) sans en être un vraiment. Une vengeance, des décors, des chevaux, des flingues et des vêtements typiques ne font pas à eux seuls un film de cow-boys mais tout de même. Toujours est-il qu'il faudra attendre 1968, une date déjà plutôt éloignée des plus grands succès du genre, pour qu'il se mette à son tour, entre deux films de guerre 2, au spaghetti western avec deux films tout à fait honnêtes : Gringo joue et gagne et Pistolets pour un massacre (également appelé La Malle de San Antonio suivant les affiches, les distributeurs étaient / sont toujours très joueurs pour embrouiller leur monde). Et puis viendra le temps du giallo, du poliziesco et des cannibales, ce qui est quand même super classe sur un curriculum vitae bien qu'en Italie rien de tout ceci ne soit vraiment exceptionnel. Néanmoins pour être juste, il faudra toujours se rappeler que si Lenzi n'a pas toujours été le meilleur réalisateur de sa catégorie, il a souvent été un pionnier dans les genres qui sont devenus à la mode pendant des années : respect.

1 voir Mary la rousse, femme pirate de Umberto Lenzi (avec Lisa Gastoni, Jerome Courtland, Walter Barnes…) 1961

2 voir Les Chiens verts du désert de Umberto Lenzi (avec Ken Clark, Horst Frank…) 1967 et La Légion des damnés de Umberto Lenzi (avec Jack Palance, Thomas Hunter…) 1969.

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