Chroniques DVD
15
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : espionnage saveur guerre froide

Scénar : un avion russe atterrit en Angleterre, le physicien Anton Haliakov en descend pour une visite d’installation nucléaire puis est soudain enlevé. Alors que les Russes demandent une enquête, on le fait passer pour mort. En fait, c'est le MI5 qui l'a « invité », le service sait tout de lui, par exemple qu’il est en fait un français, Clément Tibère, et il intéresse terriblement les Britanniques pour identifier un traître dans le rang de leurs scientifiques. Il refuse de collaborer et veut retourner en URSS car il sait qu'il sera descendu par le KGB s'il ne revient pas. On le met au cachot et il finit par désigner les taupes, le réseau ne tardera pas à tomber mais le KGB se met en chasse. On fournit à Tibère une nouvelle identité mais il a déjà la mort aux trousses. De quoi devenir méchamment parano, mais sûrement pas pour rien…

« Avec une balle dans la nuque on n'est pas libre »… Ce premier Pinoteau est typique des films d’espionnage de l’époque, une série noire (une vraie, chez Gallimard, sortie sous le titre Drôle de pistolet et écrite par Francis Ryck / Yves Delville) à l’ambiance très tendue avec peu de dialogue et quelques scènes d’action assez spectaculaires (celle de l'autoroute à contresens est par exemple troublante à souhait, merci pour la millième fois à Rémy Julienne !). Le casting est solide, Léa Massari est toujours aussi belle et expressive, Suzanne Flon, Leo Genn, Pierre Zimmer, Michel Fortin (on adore ce type ici !) fidèles à eux-mêmes dans des rôles fort classiques.

Mais l’attraction principale reste bien sûr Lino Ventura qui, après L’Aventure, c'est l'aventure, se montre ici exemplaire en homme traqué. Monstre physique qui rue dans les brancards si on lui brise un peu trop les noix, il apparaît aussi fragile en devant fuir sans cesse devant des tueurs implacables qui épient ses moindres faits et gestes tout en retournant sur les traces d'un passé qui s’est en partie effacé en son absence. D’ailleurs, l’ambivalence est marquée dessus comme y disent, car à notre souvenir, Tibère n’était pas si Clément que ça avec son monde hein 1… L’étendue du talent de l'acteur est incalculable, regardez-donc le sourire de l'homme qui, après seize ans d’ailleurs, boit un ballon de Côtes-du-Rhône kiltran dans un rade…

1 pourquoi, au passage, ne pas voir Les vies des douze Césars de Suétone (Editions Jean de Bonnot - 1983). Hein ?!

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