Chroniques DVD
09
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : japanimation culte

Scénar : d'après un œil de verre trouvé au sol à côté du corps de son père mourant, Judo Boy sait désormais que l'assassin était borgne et malgré les mises en garde finales de son père, il n’aura de cesse de le poursuivre de par le monde sur sa moto rouge pour le venger, revêtu du kimono de son maître, encore son père. En cours de route, il rencontre ses deux seuls vrais amis, le jeune Ken et son chien à casquette, Bobo. De multiples combats le feront progresser dans les arts martiaux mais aussi approcher toujours plus près de sa cible pas forcément facile à trouver, en effet, le nombre de borgnes est très bizarrement élevé de par le monde de notre héros…

Histoire de samouraï moderne romantique à souhait, Judo Boy (stupide nom auquel nous préfèrerons désormais l’original Kurenai Sanshiro, autrement dit Sanshiro le rouge) est né de la plume des frères Tatsuo Yoshida (également créateur de La Bataille des planètes) et Ippei Kuri, elle mettra plus de quinze ans pour parvenir jusqu’en France (merci Récré A2 et Dorothée, encore et toujours !) et on s’étonne toujours qu’elle ait passé les affres de la censure puisque malgré un dessin vieilli et charmant à la fois, et ses couleurs limite psychédéliques (tout comme parfois la musique et les bruitages), elle est assez sanglante, et même brutale, par rapport aux autres séries de la même époque (Albator, Goldorak, Cobra, Lady Oscar ou Tom Sawyer). Mais si Kurenai Sanshiro se distingue, c’est par le télescopage de tout un tas d'univers de la bande dessinée et du cinéma populaires. On trouve ainsi des chevaliers en armure dans une pyramide égyptienne, un hommage aux fumetti avec trois costumés-musclés bigarrés, de régulières touches western (et la musique n’est pas en reste si l’on met de côté le générique très martial interprété par Michel Barouille)…

En plus d’ennemis toujours plus dangereux (mafieux, politiques corrompus - oups, pléonasme -, savant fou, gang de motards violents - préfigurant nettement ceux, post-Mad Max, de Ken le survivant -, esprits errants, animaux féroces comme ces singes directement inspirés de La Planète imaginée par Pierre Boulle ou encore un pharaon qui aurait fait un chouette Powerslave un peu plus tard…), de nombreux éléments fantastic’horrifiques attendent Sanshiro au tournant : voix démoniaques, décors inquiétants (cargo fantôme, temples maléfiques, quartiers louches et on en passe…) et comme si ça ne suffisait pas, le chemin de Sanshiro est aussi une longue file de croix, côté méchants bien sûr, faut pas déconner, mais aussi malheureusement côté gentils ; sans parler des cœurs brisés, les jolies (et très semblables) filles sur son chemin étant forcément toutes amoureuses de ce redresseur de torts sans peur et sans reproche, mais demeurant à chaque fois célibataires une fois le boss de chaque épisode fatalement éclaté en mille morceaux… Scénarios cousus de fil blanc ne rime pas avec robe de mariée mes pauvres !

Tout ça (26 épisodes !) dans un superbe coffret digne de ceux de Sherlock Holmes, Ranma etc. qui est de plus accompagné d'un chouette petit bouquin avec historique, personnages et résumé des épisodes de la série. Cool ! On avait presque oublié le geste du pouce frôlant son nez de Sanshiro et sa façon délirante d'enfiler sa tenue (et de faire disparaître ses godasses), on est bien content de s’être rafraîchi la mémoire !

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