Une petite contribution ?

Chroniques DVD
15
Oct
2020

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : un monsieur trop tranquille…

Scénar : simple d'esprit et jamais sorti de ses jupons, Ezra Cobb est aux petits soins avec sa bigote de mère invalide, mourante et surtout complètement paranoïaque. Quand elle finit enfin par calancher, la psychose s’empare d’Ez qui vit dès lors comme si sa génitrice allait revenir un jour. Un an après ses obsèques, alors même qu’un petit boulot ne le sort pas de la douleur et de la solitude, il la déterre et entreprend de reconstruire son corps, il fait même hurler de rire ses voisins quand il évoque ce projet dinguissimo qu'il mène pourtant « à bien » en pillant les cimetières. Toutefois, c'est bientôt à la chair fraiche qu’il va s'intéresser, d'autant que les rares gens qu’il connaît (et qui supportent ses bizarreries, par exemple à table) le poussent à rencontrer des femmes : elles ne se remettront pas de leur rendez-vous avec…le « boucher de Woodside » !

 

Deranged, comme l’annonce très sérieusement au public Tom Sims, le pseudo-journaliste qui a suivi la pseudo-affaire (et qui réapparaît de temps en temps pour narrer…), « relate des événements absolument réels » puisqu’il est en partie basé sur les « exploits » criminels du tristement célèbre Ed Gein comme tout un tas de films mythiques, du fondateur Psychose au Silence des agneaux en passant par Massacre à la tronçonneuse. Première « œuvre » de ses réalisateurs, Deranged est filmé entre février et mars 1973 au Canada - peu avant « l’ère des abris fiscaux », oups - avec en tête d’affiche l’excellent Roberts Blossom (que l’on verra ensuite dans Gatsby le magnifique, Rencontres du troisième type, L’Évadé d'Alcatraz, Christine, La Dernière tentation du Christ mais aussi Maman, j'ai raté l'avion !, ce qui fait un tableau de chasse sacrément joli pour cette tronche inoubliable).

Malgré un budget sûrement serré, l’équipe (qui comporte aussi le grand maquilleur du macabre, Tom Savini) ne s’en sort pas trop mal en instaurant une ambiance glauque et prenante au moyen d’une caméra voyeuse et parfois tremblotante à souhait, pas besoin de gore excessif quand on sait y faire, quelques effets crados et de la sanquette suffiront pour suggérer l’horreur, un petit peu de suspense et pourquoi pas un piège à loup seront les cerises sur un gâteau qui comporte aussi des passages assez comiques comme celui avec la grosse dame assez drôle dans la scène de spiritisme ou cette jeune fille contre la chasse des animaux que les hommes légitiment toujours n'importe comment (« si on ne les tuait pas, ils crèveraient de faim », mais bien sûr ! Un argument-choc si l’en est !), un bon petit film vieillot chouettos comme tout, qui plus est livré ici en version originale sous-titrée.

Bonus : scène censurée, bande-annonce.

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