Chroniques DVD
08
Mai
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : poliziesco

Scénar : à Milan, Giulio Sacchi cumule les mandales, et pour cause : pochetron et drogué, profiteur et provocateur, nihiliste et cynique, ultraviolent et machiavélique, il ne trouve rien de mieux pour passer son temps libre que d'enlever Marilù, la fille d'un richissime industriel avec deux acolytes de troisième zone. Il tuera les obstacles policiers sur son chemin mais va rapidement devoir faire gaffe car il a désormais le coriace commissaire Grandi aux fesses : aïe.

En Italie, le pays où les voisins n'entendent pas les détonations de mitraillette malgré les bandits les moins discrets du monde, voilà comment on réagit aux tragiques « années de plomb » qui déchirent la société en lambeaux : avec des films où l’action est le maître-mot, où les fumiers sont de vrais fumiers et les flics des flics absolument implacables. Dire qu'en plus celui de ce film porte ZE tronche de Henry Silva (que l’on retrouvera avec Lenzi et Milián dans Le Clan des pourris mais aussi dans Les Guerriers du Bronx 2 ou Le Marginal avec M’sieur Belmondo) prévient d’emblée qu’on ne va pas rigoler avec la loi. Autre superstar à l’affiche, Tomás Milián (Colorado, Tire encore si tu peux, Le Dernier face à face, Saludos, hombre, La Longue nuit de l'exorcisme, Les Quatre de l'Apocalypse…) qui joue un joli numéro de cinglé complet. Ici, outre les classiques tics du genre (course-poursuite qui dégénère en stop-car brutal, fusillades etc.) on bute même les enfants et on décore de façon surréaliste un lustre avec des gens, c’est même à L’Orange mécanique que l’on pense parfois devant l’ultraviolence exposée (tournée de façon quasi horrifique avec de cruels gros plans sur les effets sanglants) même si elle fera forcément sourire les fans de cinéma pseudo-moderne.

Nous on est bien dans ce monde vieillot où les gangsters aux visages fermés rôdent en DS - ça c’était de la caisse - sur un air menaçant de Maestro Morricone, on aime bien ce climat immoral très Seventies avec un antihéros-agent-du-chaos là pour foutre le boxon chez les nantis planqués loin de la misère et commettre un joli carnage facilité par une police pas très efficace… Mais même devant des nouilles pareilles on ne peut trouver Giulio sympathique une seconde, faudrait voir à pas déconner non plus dans le fond. On n’en dira pas autant de la séduisante Anita Strindberg qui enchaîne des tonnes de films à la même période, voir par exemple Le Venin de la peurLa Queue du scorpion ou L’Homme sans mémoire. Ray Lovelock (Tire encore si tu peux, Le Massacre des morts vivants) fait aussi une apparition.

Voilà encore un poliziesco de Lenzi bien mené avec une fois de plus une phrase splendide à graver dans tous les citrons, au sujet des cachets « fabriqués par ceux qui sont allés à la fac pour que ceux qui n'y vont pas ne s'inquiètent pas », la vérité classe !

Bonus : filmographies, galerie de (2 !) photos, documentaire sur Ray Lovelock (20’).

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