Chroniques DVD
28
Fév
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

film grangier meurisse moreau reggiani

Genre : Frenchy film noir

Scénar : passeur de drogue pour Stan, un truand marseillais, Bastien Sassey descend de train et retrouve son amoureuse Jacqueline à qui il jure que le soir même ce sera fini, qu’un nouveau « protecteur » va le prendre à ses côtés. Il trimballe avec lui un ballon de foot bourré de came, il devra repartir avec pour le rendre à Stan alors qu’il aura été entre-temps garni d'une bombe. Mais ce crétin de Bastien se fait piquer le ballon par des gamins de banlieue pauvre qui pensent que c’est celui d’un des leurs, Claude, qui va encore devoir fêter un anniversaire sans son père qui lui avait offert le ballon confondu. Les enfants de ce quartier de misère se disputent le ballon - pas le bon donc - et nombreuses sont les occasions qu'il explose. Devant cette énorme gaffe, on donne à Bastien deux heures pour retrouver le ballon seulement voilà, ses complices changent brusquement d'avis et décident de le descendre. C’est à l'agonie que Bastien est ramassé par un chauffeur routier italien qui donne l'alerte sans comprendre ce que baragouine le blessé. Le commissaire divisionnaire Varzeilles va devoir sérieusement se creuser la cervelle !

Notre cher Gilles Grangier adapte ici le roman de Noël Calef (prix du Quai des Orfèvres 1956), Pierre Véry s’occupe des dialogues tandis qu’on rassemble pour l’occasion une collection de tronches pas possibles outre Jeanne Moreau en pleine ascension après un certain nombre de films et qui finira par être définitivement remarquée l’année suivante avec Ascenseur pour l'échafaud. L’éternel petit bonhomme à l’œil mouillé Serge Reggiani, le commissaire Paul Meurisse, toujours à l'aise dans des rôles de personnages rigides (là en l'occurrence un père confronté aux migraines de son fils qui meurt de trac à chaque examen scolaire) et surtout, côté méchants Gert Fröbe en boiteux furibard et Reggie Nalder, ZE tronche de l’emploi avec ses sourires mauvais et ses yeux qu’il montre sadiques à souhait, et même tiens, on cite aussi quelques petits rôles parce qu’on a toujours adoré ces gens sur lesquels on a parfois du mal à coller un nom et pourtant ils sont partout dans ces années Cinquante réjouissantes pour le cinéma populaire français : Fernand Sardou (le père de son fils), Lucien Raimbourg, Jacques Préboist (frère, moins connu, de Paul), Henri Virlojeux

Une fois de plus toute cette chouette troupe évolue dans un film bien noir à la française mais qui n'est toutefois pas sans rappeler la mécanique d'un film du maître britannique Alfred Hitchcock : en effet le chouette Agent secret (1936) ne mettait-il pas déjà en scène un enfant transportant en pleine ville une bombe sans le savoir ? Du coup, le suspense est bien sûr de mise même s’il est allégé par l'humour qu’inspirent certains des personnages de l’histoire, naturellement les enfants - qui au passage jouent très bien leur rôle - mais aussi et surtout celui de Fernand Sardou, méridional à souhait dans ses excès et ses humeurs à géométrie variable, qui détonne légèrement dans cette banlieue parisienne en construction qui ne s’attend sûrement pas à ce qu’elle deviendra quelques années plus tard, mais ceci est une autre histoire. Typiquement le genre de film qui mériterait une redécouverte, par exemple au travers d'une réédition avec quelques bonus explicatifs ou du moins quelques biographies de certains des acteurs que l'on aurait tort de conserver dans le formol de l'oubli. Et la prochaine fois que le capitaine se la joue perso, laissez-le faire, on ne sait jamais ce qu'un ballon pourrait cacher.

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