Une petite contribution ?

Chroniques DVD
01
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : film à voir et traduction à revoir

Scénar : en Angleterre à la fin du XVIIème siècle, une diligence file sur les routes. Lors d’une halte, une famille visiblement de la très haute société est observée par une jolie blonde qui s'empresse de faire du charme à l’un des passagers qui à son retour n'est plus tout à fait le même. Déguisé en homme, Mary, puisque c'est son nom, monte dans la voiture à son tour mais est arrêtée en possession des bijoux qu'elle vient de voler : direction la prison. Dans sa cellule, elle rencontre un certain Peter qui s'aperçoit vite que l’homme n’en est pas un et s'en éprend presque immédiatement. Il se trouve que Peter, fils de lord, cache bien son jeu mais quand lui est libéré par des membres de sa famille, Mary parvient à s'évader par ses propres moyens. Une certaine langueur la prend et ainsi le besoin de voyager loin des nobles qui écorchent les cœurs avec un sourire méprisant. Auprès du capitaine Poof, corsaire du roi, elle se révèle assez douée dans le travail de marin bien qu'elle refuse les faveurs du capitaine sous le charme de cette femme volcanique au pourpoint rouge. L’équipage même s'aperçoit de sa valeur et se moque désormais de son commandant qui a beaucoup de mal à calmer ses ardeurs. Quand il est tué, elle prend le contrôle du navire en délivrant les prisonniers, se convertit pirate. De son côté, Peter se voit contraint par son père de rentrer dans l'armée pour échapper à un mariage avec un laideron. Leurs chemins vont se croiser à nouveau…

Hop hop hop hop, on n’a jamais vu une rousse aussi blonde mesdames-messieurs les traducteurs, et Read, puisque c’est de la légendaire capitaine Mary Read dont on cause ici, ne doit pas être confondu avec red, couleur vive mais absconse ici ! Coproduction franco-italienne inspirée par la vogue des films de pirates qui sévit depuis des décennies et que Lenzi en grand cinéphile n'a pu ignorer, Mary la rousse fait un peu comme tout le monde en ce tout début des années 1960 sur ce sol italien qui est devenu la plate-forme internationale du cinéma populaire. L’équipe du film bénéficie de ce que les américains ont peu à peu laissé sur place après avoir tourné beaucoup de classiques à Cinecittà, les décors et costumes de grande qualité concoctés par les artisans locaux auront donc connu une nouvelle vie avec une incroyable vague que les petits maîtres italiens vont faire durer une quinzaine d'années par le biais d’une série de modes calquées sur celles qui règnent dans le même temps sur le cinéma mondial, du péplum à l'espionnage en passant par le film de guerre, le western, le fantastique horrifique ou le film en costumes à tendance romantique tel celui-ci. Et on apprécie particulièrement le film de pirates qui a souvent laissé aux femmes des rôles de premier plan, quand ce n’est pas le premier rôle comme ici. Lisa Gastoni domine l’action et fait ça très bien, les hommes qui l’entourent sont de plus de vraies têtes à claques !

Drôle, divertissant et bien mené, Mary la rousse rappelle tant de souvenirs d'enfance qu'on ne peut que craquer devant un pareil film d'aventure doté de jolis costumes, d’une reconstitution crédible avec étonnamment assez peu de carton-pâte. On ne semble pas manquer de moyens pour tourner les scènes d'abordage de si beaux bateaux, pas mal pour les jeunes années d’Umberto Lenzi en passe de devenir un grand pourvoyeur de cinéma populaire. Au fait, si l’on considère souvent ce film comme son premier, c'est une erreur : un court-métrage mais aussi et surtout un « véritable » film sont sortis entre 1956 et 1958 (Mia Italida stin Ellada / An Italian in Greece est seulement très difficile à suivre dans une langue incompréhensible pour qui ne parle pas…le grec). Pour revenir au film, le programme n’est pas très compliqué : comme souvent chez Lenzi beaucoup d’action menée par un personnage féministe avant l’heure, tout ça dans la veine des films de cape et d’épée qui cartonnent en France à la même époque. Si le personnage de Mary invente presque ici le strip-tease à la cour de Floride pour pimenter un peu l’aventure, ses pensées complexes, non dénuées de fractures, en font bien plus qu’un vulgaire sex-symbol. Ah, séquences drôles quand le garçon devient fille : le volume de ses cheveux est assez peu dissimulable, peut-être autant que ce nom qu’usurpe cette exceptionnelle femme… Poof… Restons sérieux voulez-vous ?

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