Chroniques DVD
01
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

campogalliani peplum ursus aventure film

Genre : Ursus, dit Hercule, mais Ursus quand même !

Scénar : youpi, la guerre est finie et les soldats rentrent chez eux en saluant leur chef adoré, Ursus, qu’ils ne peuvent s’empêcher d’appeler Hercule. Contrairement à ses camarades, Ursus pense que l'homme trouvera bien le moyen de déclencher une nouvelle guerre sous peu mais il a soudain d’autres tyrans à fouetter : alors qu’il vient de rencontrer sur son chemin une jeune bergère aveugle, l’esclave Doréide, celle-ci lui apprend que son futur beau-père a été assassiné trois ans plus tôt et que sa dulcinée Attéa a disparu en même temps… Une affaire à laquelle ne serait pas étranger Sétas, un ancien ami d’Ursus qui a mis la région sous sa coupe, c'est même à cause des brutalités d'un de ses hommes que la bergère a perdu la vue. Doréide a gardé un indice, un pendentif au motif mystérieux qu'elle remet à Ursus, il se met en chasse avec elle qu’il a arrachée à la servitude mais par la ruse les adversaires d’Ursus tentent d’enlever la jeune femme. Mais quand le sang de ses amis commence à trop couler, Ursus voit rouge et fonce désormais vers une île sur laquelle régnerait une reine qui fait enlever des jeunes vierges en vue de sacrifices à une certaine déesse Zaas. Pas de quoi conserver beaucoup d'espoir en ce qui concerne Attéa mais Ursus n’est pas du genre à renoncer, il jure qu’il la retrouvera !

Carlo Campogalliani a très vite compris que le péplum était un filon à suivre après le succès (mérité) des films de Pietro Francisci 1. Il s’attaque dès 1959 aux invasions barbares avec, au hasard, Steve Reeves dans le rôle d'un certain Emiliano (que l'on traduira en Goliath aux États-Unis) et commet en 1960 un très honnête Maciste (Le Géant de la vallée des rois, avec l’excellent Mark Forest). L'année suivante il se rend responsable du retour sur les écrans d'un personnage secondaire né dans le roman Quo vadis, Ursus, qui va donner lieu à une suite de films comme toujours plus ou moins réussis mais celui-ci, malgré la présence à l'affiche d’un interprète pas forcément au niveau des grands de sa catégorie, Ed Fury, ne mérite pas les quolibets. En effet, le bonhomme a certes parfois une tête d’ahuri mais il parvient à incarner le rôle sans trop de gaffes, on réserve plutôt ça au scénario qui est cousu d'un fil tellement visible que cela en est presque honteux. Il fait parfois d’Ursus un vrai clairon, par exemple quand il ne paraît pas voir le motif énorme, identique à celui du médaillon, fixé au beau milieu du mur d'un temple ou quand il se la joue héros moraliste qui la ramène un peu beaucoup, sortant des phrases toutes faites que n’oserait pas votre vieille tante pompette au réveillon.

Co-production italo-espagnole, Ursus (ou La Fureur d'Hercule en France, un titre qui dût rapporter plus) est la réunion plutôt réussie de beaucoup de gens intéressants dont la superbe Moira Orfei et Soledad Miranda, la future égérie de Jess Franco, et côté bonhomme ça se bousculent, l’acteur espagnol Roberto Camardiel, les scénaristes Giuliano Carnimeo et Sergio Sollima, l’assistant réalisateur Romolo Guerrieri, le cameraman Stelvio Massi, le producteur Italo Zingarelli, tous seront de toutes les batailles du cinéma populaire italien, à commencer par celle du western dit spaghetti dont l'explosion en 1965 fera de la plupart des incontournables. Comme beaucoup de films d'aventures antiques du début des années 1960, celui-ci joue la carte du sadisme visuel, on fouette à tour de bras des gens pour faire tourner des meules énormes, on condamne les prisonniers à l’ancêtre du peloton d'exécution, la sagittation, mais le clou du spectacle est le combat du héros contre un taureau lâché dans l'arène : contrairement aux toréadores à deux pesetas, lui lutte à mains nues et il est dommage que l'on doive pouffer à chaque fois que la perruque rousse de la doublure apparaisse, « le héros de Bakou et l’Euphrate » (formule mystérieuse pour désigner plusieurs fois notre héros) méritait bien plus de respect !

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