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Chroniques DVD
07
Nov
2000

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

thriller serial killer berberian anconina

Genre : flics en ZX

Scénar : à la Foire du Trône, une jolie femme à veste façon léopard est suivie par un homme au sourire crispé et flippant. Elle finit par se laisser entraîner dans un coin paumé. Après sûrement avoir drogué sa bière, il la poignarde et la regarde tenter de se tirer. Sale affaire pour les flics Nathan et Saule, c’est la cinquième femme à être tuée de la même manière… Bien que le schéma criminel soit facilement identifiable, la police patine et le ministère va s'en mêler alors que Nathan tente de bosser à l'intuition et au carnet à spirale, ça marche toujours mieux que les inhumains logiciels pré-programmés. Il sent que le tueur connaît ses victimes, recueille des conseils auprès d’un libraire spécialiste des tueurs en série et, puisque les psychopathes laissent les Français perplexes, pense qu’un américain serait fort plausible dans ce rôle. Mais Nathan est soudain mis en vacances. Il se met en contact avec un spécialiste américain alors que le tueur lui se met en chasse. Et quand celui-ci est signalé par un témoignage, les flics minimisent l'histoire de la fille. Une hiérarchie qui tape sur ses petits soldats ne décourage pas Nathan qui continue son enquête, quitte à partir aux États-Unis pour se rapprocher de ce qu'il devine de sa proie.

Adaptation d’un roman de Jean-Hugues Oppel par Alain Berbérian (La Cité de la peur, Paparazzi…), Six-Pack joue la tentative de thriller à l’américaine (citons par exemple Le Silence des agneaux, Se7en, Le Collectionneur, Bone Collector…) sans nécessairement être un mauvais film mais il comporte beaucoup de petits problèmes de crédibilité malgré le jeu de la troublante Ciara Mastroianni que l’on découvre de plus super joueuse de bowling. En fait tout tient au casting, pourtant très solide en ce qui concerne des seconds rôles d’habitués du genre (Fresson, Berléand, Dauphin…). Il nous paraît insurmontable, malgré beaucoup d’affort, d’apprécier le style over-stéréotypé du duo principal : Anconina (le flic à l’ancienne qui ne renonce jamais parce qu’il sait tout mieux que tout le monde) et Diefenthal (le jeune flic excité de service, impétueux impatient, branché nouvelles technologies mais pas hyper capable quand il s’agit de se poser et réfléchir). Si on ne détestait pas viscéralement le jeu de ces deux acteurs depuis toujours, on aurait quand même à reprocher que tout ce que l’on voit là a déjà été tourné mille fois, et mille fois mieux, de l’autre côté de l’Atlantique ou pas. Un constat appliquable à beaucoup de films de chez nous.

Heureusement, quelques détails (un générique vachement poisseux, une vue de l’intérieur d'un ventre peut-être ?, la petite dose de suspense finement saupoudrée, la noirceur agréable de l’ensemble, la tronche glaçante du tueur américain) viennent placer Six-pack, au passage tourné en France et au Canada, juste au-dessus de la moyenne, mais pas de beaucoup. On ne peut en effet pardonner deux-trois trucs parfois du plus haut ridicule : la musique pas top du tout, la disquette avec FBI écrit dessus (mais où est donc le gyrophare ?!) et ce couteau, pourtant bien planté dans la terre, qui peut sortir de sa gangue rouge sang comme d’une plaie de carnage…?! Pour rigoler un peu en conclusion, si on ne peut s'empêcher de repenser à la mythique Cité de la peur qui évoque déjà les tueurs en série à sa manière, on pense aussi aux Inconnus quand on voit la tronche des téléphones portables de l'époque (ah c'est beau le progrès tiens !) et le petit sketch qu’avait fait le trio autour de la miniaturisation des appareils français. De nos jours, quand la majorité des enfants sont nés avec un iPhone dans la poche, c'est dire comme on se sent vieux et décrépit, l’Anconina de la bande, si ce n'est pas le Derrick ou même le commissaire Juve !

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