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Chroniques DVD
08
Jan
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

jules dassin edgar poe short film

Genre : Poe, encore, toujours !

Scénar : tisserand exploité et battu par son patron patibulaire, le jeune homme annonce à ce dernier qu'il va le quitter. Mais le vieux le provoque car il sait que l’ouvrier n’en fera rien, qu’il n'en a pas les tripes. Il ne se doute pas qu’il n'était peut-être pas très malin de dire « Tant que je serai en vie », car le souffre-douleur échafaude le meurtre qui le libérera de cette emprise vieille de plus de quinze ans. Son forfait accompli, voilà qu'il commence à entendre le battement du cœur qu’il vient de forcer à s'éteindre ! Et comme deux officiers de police ne tarderont pas à surgir chez lui, ce ne sera pas le moment d'être déconcentré quand on lui posera des questions…

Edgar Allan Poe est non seulement le prolifique créateur d'une immense œuvre littéraire, mais il est aussi un des auteurs les plus adaptés au cinéma. Quand pour se faire la main sur un premier film, l’américain Jules Dassin s'attaque au Cœur révélateur, un récit publié en 1843 et au sommaire des Nouvelles histoires extraordinaires traduites par Charles Baudelaire, il réalise une vingtaine de minutes assez fidèles au texte, surtout à son ambiance morbide, surtout grâce aux deux hommes du départ, pas très causants mais très parlants via leur visage : le vieux est particulièrement menaçant tandis qu’un gros plan sur l'oreille du jeune pointe l'organe par qui arrivera la tragédie.

Volontiers expressionniste dans sa photographie (par Paul Vogel) et doté d’une musique perturbante (de Sol Kaplan), ce court illustre fort bien le climat de cette nouvelle formidable (dont deux autres adaptations avaient déjà été tournées au début du XXe siècle), la peur, la haine, l’obsession, la paranoïa, la folie, Dassin retranscrit bien les sentiments qui traversent un personnage laminé par l'oppression mais inconsciemment rongé par la culpabilité, la musique souligne bien la tension qui déchire l'âme du tourmenté et la mise en scène sans aucun artifice - il y en a de toute façon aucun besoin - font de la chose, pour un premier travail, une création plus qu’honnête.

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