Chroniques DVD
19
Juil
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

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Genre : fantômes, vous avez dit fantômes ?

Scénar : l’hymne amère-loque retentit avant l’apparition de l’image des soldats d’Iwo Jima qui signifie la mise en veille de la téloche. Pourtant, alors que Papa roupille sur le canapé, Maman sur le lit, les enfants dans leur chambre, le chien Edmond en vadrouille, la plus petite enfant de la famille vient s’asseoir devant le poste et commence à causer à l’écran. Serait-ce du somnambulisme ? Sûrement pas puisque la petite continue à regarder cette « neige » même le jour. « Ils sont ici » dit-elle après un très étrange tremblement de terre qui n’est pas le dernier des évènements intrigants… Le chien s’emballe soudain, les objets bougent tout seuls, l'orage fait rage, le couple s’amuse presque au début mais être les seuls à se faire bouffer par les moustiques, voir son fils se faire attaquer par un arbre ou sa fille aspirée par un placard, tout ça va beaucoup trop loin. Enfin, surtout parce que la fille est introuvable, jusqu’à ce que l’on entende sa voix sortir de la télé, comme si elle était coincée à l’intérieur. Plus qu’une solution : faire venir chez eux des experts en paranormal et tenter de sauver leur fille d’un monde dont ils ne connaissent rien. Mais voudra-t-il seulement leur rendre ?

Allez hop, on prend le pur lotissement américain avec baraques identiques alignées au milieu d’un ancien nulle part. Le foot américain à la télévision, et la bière qui va avec, réunit les cadres dynamiques devant la boîte à images. Les brouillages arrivent parfois, par exemple quand le voisin a la même télécommande et que les interférences se multiplient. Mais bon à part ça, la vision du monde est classique, les ados débiles et les parents qui font ce qu'ils peuvent, souvent n’importe quoi d’ailleurs, les petits sont encore abonnés aux rêves et aux cauchemars (l’arbre a une drôle de tête, le placard doit rester allumé…) mais sont déjà complètement rois chez leurs parents et la chose finira bien par se reproduire encore et encore dans un pays où Papa lit la biographie de Ronald Reagan et le fils Captain America (Star Wars, au passage, clin d’œil au copain George Lucas avec qui Spielberg s’est lancé dans la saga Indiana Jones est aussi dans la place). N’empêche, c’est bien des États-Unis que proviennent ces ancêtres des Conjuring (après le Amityville - La Maison du Diable de 1979 bien sûr, mais aussi, rayon fantômes flippants seulement, le fabuleux Fog de John Carpenter sorti en 1980).

Alors ne boudons pas plus longtemps leur way of life, et remercions-les même, juste pour ce chef-d'œuvre du fantastique réalisé avec les moyens de l'époque (des siècles plus tard les effets sont toujours chouettes, la scène gore avec le miroir, cultissime, le son super fort et strident et les éclairages ‘ach’ment chouettes complètent le tableau) et un sacré paquet de grands noms : Steven Spielberg (au moins à la production et au scénario, sa part dans la réalisation restant débattue), Jerry Goldsmith (jolie musique), le duo de scénaristes Michael Grais et Mark Victor qui a forcément fait sa fortune avec ce film pour ensuite plutôt se diriger vers la production avec plus ou moins de succès. En y réfléchissant bien, la légende d'une malédiction autour de l'équipe de ce film n'est pas tout à fait surprenante vu l'averse de tuiles qui va lui tomber sur la figure dans les années qui suivent le tournage : la mort tragique de la magnifique gamine du film (Heather O'Rourke) juste avant la conclusion de la trilogie en 1983 étant sans doute la plus marquante, peut-être autant que l’assassinat de sa frangine de cinéma (Dominique Dunne). Quand la réalité rejoint la fiction, ça peut faire mal.

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