Chroniques DVD
20
Jan
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

jules dassin burt lancaster film noir

Genre : prisonoir

Scénar : il pleut à verses sur le pénitencier de Westgate, mais il faut reconnaître que cela n'embête pas grand monde à l'intérieur, la survie est la seule chose qui importe et elle est rendue difficile par le chef des gardiens de la prison, le capitaine Munsey, auprès duquel le directeur de l'établissement ne semble n'être qu'un pantin maltraité et menacé de remplacement par une administration à des années-lumière de la réalité du terrain. Alors que certains détenus sortent les pieds devant, Joe Collins lui sort du mitard avec une idée fixe : rien ne peut s'arranger dans la vie si on ne peut sortir de cet endroit horrible, l'évasion est la seule solution et, avec des renseignements qu'il recueille auprès d'anciens, il échafaude son plan, réunit une équipe et rien ne pourra l'arrêter désormais, sa compagne dehors, atteinte d'un cancer, a besoin de lui alors qu'elle ne sait même pas où il est passé. Munsey quant à lui pousse petit à petit les prisonniers mais aussi le directeur à la faute dans l'espoir de pouvoir diriger un jour le pénitencier, il joue le chaud et le froid avec tout le monde mais commet une petite erreur tactique : pour les punir, il envoie des prisonniers récalcitrants, dont fait bien sûr partie Collins, travailler dans les égouts, c'est d'ici pourtant que l'évasion va être déclenchée, ça passera ou ça cassera !

Jules Dassin fait dans le changement total de climat après une grosse série de comédies souvent romantiques (même si la dernière témoignait de quelques touches dramatiques plus sombres 1), il plonge dans le très noir avec parmi les acteurs principaux un Hume Cronyn (vous souvenez-vous du gringalet dans A Letter for Evie, c’est lui !) qui fait lui aussi dans la métamorphose totale. Du nigaud de service il passe dans la peau d'un officier partisan des forts contre les faibles, un sadique fasciste pur épaulé par une administration aveugle, il va si loin dans la brutalité que son comportement révulse même certains des gardiens pourtant pas tendres quand il s'agit de sortir la matraque et de casser du réfractaire à l'ordre. Le titre est d'ailleurs évocateur, le besoin d'évasion est vu comme une démangeaison animale, une décision humaine stupide, le film essait-t-il de convaincre qu'il est inutile de se dresser contre la loi et les règles ? Il fait naître en tout cas un climat effrayant de noirceur et de violence, tout ça bien camouflé ou presque derrière des murs épais loin des yeux et des oreilles de ceux qui comme le docteur pensent qu'un prisonnier entré ressort toujours pire de sa détention, il est bien le seul à penser comme cela mais ne semble d'ailleurs pas se positionner autrement que dans la résignation.

Après Les Tueurs où il avait révélé aux cinéphiles sa beauté et son talent extraordinaires, qui mieux que Burt Lancaster pouvait incarner le meneur de cette violente course vers la liberté ? Le film montre bien de toute façon qu'à force d'entasser deux fois trop de prisonniers dans des cellules déjà trop petites, il y a de quoi rendre n'importe qui complètement fou, et seul le personnage de Calypso passe sa vie à chanter, un peu comme le chœur dans la tragédie, lui s’étant construit à l'intérieur de lui-même un espace de liberté suffisant pour encaisser un destin enfermé. Les autres n'attendent que l’étincelle qui mettra le feu aux poudres, la violence est systématiquement sous-jacente, d’ailleurs à la première occasion un mouchard est massacré (joli procédé que la presse mécanique), et que ce soit le capitaine Munsey qui l'ait obligé ne change rien. Bizarrement cette vie horrible n'empêche pas l'humour ni l'espoir, les personnages mais aussi les spectateurs commencent peu à peu à y croire à chaque flash-back qui explique tour à tour la petite histoire de chaque personnage principal, alors que l’heure tourne, inexorable, d’innombrables coups d'œil à la pendule nous le rappellent, le temps est compté même quand on n'a plus rien. Encore un très bon film dont le scénario, comme celui des Tueurs, co-écrit par Richard Brooks.

La réflexion du film : « Au cimetière ? On y est déjà , avec cette différence qu'on est vivants !»

1 voir Two Smart People de Jules Dassin (avec Lucille Ball, John Hodiak, Lloyd Nolan, Hugo Haas, Lenore Ulric, Elisha Cook Jr., Lloyd Corrigan, Vladimir Sokoloff, David Cota, Clarence Muse…) 1946

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