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Documentaire
25
Déc
2020

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

«…nous sommes réunis […] Pour fêter notre retour chez nous, notre amour-propre, celui d'être quelqu'un. » déclara Jesse Jackson ce soir-là.

En 1965, trente-quatre personnes étaient mortes pour un désir d'égalité qu’un pays ségrégationniste à peine voilé leur refusait, et parfois leur refuse encore de nos jours, il suffit simplement de se référer au récent mouvement Black lives matter pour s'en rendre compte, plus de cent ans après le triste Red summer de 1919. Quoi de mieux alors qu’un festival pour rappeler sept ans plus tard la révolte de ces habitants de Watts que le racisme et la pauvreté avaient contraints à lever le poing vers le ciel ? C’est carrément dans un stade de Los Angeles que des artistes de la musique noire dans toute sa diversité vont défiler devant plus de cent mille personnes, faisant de cette journée d’août 1972 un événement historique, d’autant plus qu’aucun incident ne fut à déplorer.

Guy Darol revient en détails sur la journée mais surtout sur tout un pan de l’histoire américaine que le pays ne veut toujours pas regarder en face, en faisant foi encore aujourd’hui une sale période où l’hystérique fin de règne de Donald Trump, pas franchement engagé contre le déséquilibre des forces, pour ne pas dire « totalement opposé à », en fut le plus récent avatar… Quant à la suite, il semble que nous la connaissions déjà, Barack Obama ne s’étant pas non plus vraiment préoccupé de cette saloperie en train de monter doucement et qui gagne toujours à la fin, la PEUR.

Si avec une facilité indiscutable pour raconter l'histoire avec sérieux et fluidité, l'auteur revient sur une chronologie tragique que celle des Noirs aux États-Unis, il fait deux rappels importants. Celui de l'implication de la musique soul dans la diffusion de messages : ces ballades ne parlaient pas que d'amour mais bien de relever la tête en tant que noir(e) et d'espérer une liberté qui, c'est sûr, n'allait pas tarder à apparaître malgré les embûches d'une extrême dangerosité.

Et que ce fut entre autres possible grâce à l'édification du monument Stax qui accueillit des artistes aussi importants que Carla et Rufus Thomas, Otis Redding, James Brown, Isaac Hayes, Sam & Dave, Booker T. et tant d'autres mais aussi l'humoriste Richard Pryor ou le cinéaste Melvin Van Peebles qui fut l’un des présentateurs du Wattstax aux côtés de deux autres personnages importants de la volonté - musclée - de l’émancipation noire, cette fois au cinéma, Fred Williamson et Richard Roundtree, stars ultimes de la blaxploitation.

Putain, cigare vissé au bec, muscles bandés sur un fusil-mitrailleur de taille grotesque, Fred Williamson aurait fait un sacré président pour botter les culs blêmes et flasques des apôtres fanatiques de la ségrégation raciale. Mais la vie n’est pas un film, elle est bien pire. Et puis c’est bien connu, elle finit mal.

188 pages, 15,90€
ISBN : 9791027802555

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