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Chroniques DVD
20
Mai
2020

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : « il est impossible d'être trahi quand personne ne travaille pour vous »

Scénar : un bateau soupçonné d’être bourré de drogue explose dans des circonstances étranges et vingt-sept mecs au passé globalement pas reluisant sont gentiment rôtis à l’occasion, un seul survivant, Roger « Verbal » Kint, est en état de raconter ce qu’il sait à l’agent dirigeant l’enquête pour le compte des douanes, Dave Kujan : en gros, une équipe de spécialistes du braquage est impliquée dans le schmilblick et, ce qui déclenche direct un branle-bas de combat général, bossait pour Keyser Söze, gangster mythique et impitoyable dont c’est à peine si on ose prononcer le nom. En parallèle à l’interrogatoire de Kint, les enquêteurs de l’équipe du fédéral Jack Baer tentent de soutirer des informations au dernier témoin en vie mais grièvement brûlé et qui, pour faciliter les choses, parle hongrois.

Boum, voilà tout simplement un des films les plus captivants du milieu des années 1990, époque où mine de rien on s'était croqué Pulp fiction, Petits meurtres entre amis (1994), Se7en, L'Armée des 12 singes, Le Jour de la Bête, La Haine, Fargo (1995) Une nuit en Enfer, Dobermann ou encore Trainspotting (1996), et on en passe ! Doté d’une mise en scène hyper efficace, rapide et nerveuse malgré certains contrastes longs et contemplatifs, d’un scénario machiavélique qui a depuis fait école - sans totalement innover lui-même - et d’un casting de rêve (le génial Kevin Spacey, Stephen Baldwin, Gabriel Byrne, Benicio Del Toro, Chazz Palminteri, Kevin Pollak, le grand Pete « Kobayashi » Postlethwaite), Usual suspects est un choc la première fois, un régal les suivantes puisqu’on y découvre souvent des détails qui n’ont pas toujours sauté au yeux la fois d’avant.

Suspense à gogo également dans cet affrontement aux dialogues crus et imagés entre une police un rien présomptueuse et des personnages troubles à l’extrême, « le coup le plus rusé que le Diable ait jamais réussi, ça a été de faire croire à tout le monde qu'il n'existait pas », soit, mais ce n’est pas tout, l’action est également enjolivée par une bande originale douce et mystérieuse de John Ottman (qui a déjà travaillé et retravaillera avec Bryan Singer sur presque tous ses films), les numéros d’acteur sont légion et on ne s’étonne même pas que ce film, tourné en un temps record après quelques galères de financement, soit devenu un pur classique du nouveau film noir et que les récompenses des plus gros festivals lui aient plu sur le coin du museau. Pour tout dire, quand on suit sa filmographie, on pouvait ne pas s’attendre au succès après un Ennemi public du genre cryptique.

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