Chroniques CD
08
Mai
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Formé au tout début des années 1970, JUDAS PRIEST a eu le temps de beaucoup jouer sur scène

avant de laisser partir un chanteur qui leur accorde néanmoins gentiment l’usufruit de ce nom merveilleux, déjà chipé à Bob Dylan. Son remplaçant Rob Halford s’empara du micro en 1973 et cet album sorti l’année suivante offre la preuve que le groupe, agrémenté du nouveau guitariste Glen Tipton, tient là sa voix bien que l’album ne renferme pas encore de classique intemporel.

Le hard & heavy proggy / bluesy / hippie de Rocka rolla (un titre absolument affreux s’il on peut se faire maître) n’est pourtant pas à dénigrer : le morceau-titre a la pêche et le groove que l’on retrouve chez des gens aussi divers que STATUS QUO ou KISS, Winter lorgnerait plus vers leurs grands frères et voisins BLACK SABBATH (ah Birmingham…!), Cheater vers LED ZEPPELIN, bref, le style n’est encore très défini mais la paire de guitares a ce « quelque chose » qui promet (Caviar and meths, même mutilé, bombarde), Halford une voix forte, expressive et habile, Gull Records y croit mais ça leur coûtera cher (ainsi qu’au groupe !) vu l’insuccès malgré la production d’un Rodger Bain (producteur pour BLACK SABBATH et BUDGIE à qui l’on reprochera d’avoir choisi le moins heavy du répertoire, Tyrant ou The Ripper existant déjà) et l’enregistrement live - fait plutôt rare - des morceaux, dommage que le rendu soit moyen.

Et puis le disque n’émouvra pas grand monde à l’époque dans la presse spécialisée. Il grave pourtant l’acte de naissance d’un groupe légendaire dans le marbre de l’Histoire et celui-ci, pour changer, repart sur les routes, celles de leur île autant que celles du vieux continent. Cela paiera-t-il ?

[Cet album a été réédité des douzaines de fois, avec des pochettes différentes, des titres différents, un vrai chantier c’t’histoire, tiens cette réédition-là inclut à la fin du programme la reprise de Joan Baez, Diamonds and rust, que l’on retrouve sur l’album Sin after sin de1976 !]   

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