Chroniques Blu-Ray
07
Nov
2008

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : des pourris et des hommes

Scénar : un type est cramé vivant dans le coffre d'une tire à proximité d'une cité où règnent le silence et la peur, l’incendiaire se trouve être un rappeur mégalo, Aziz, qui arrose la téci de fric et se croit tout puissant. Mais quelqu'un a filmé la scène. La capitaine Berthaud doit s’attendre à des problèmes car pendant l’enquête elle use d'une matraque non autorisée. Elle a droit à l’IGS mais avec maître Karlsson qui se débrouille pour piquer l’affaire au vol et qui rencontre au même moment une journaliste prête à suivre ses dossiers, tout se complique… Karlsson est repartie à zéro mais, raide niveau tunes, accepte les ronds d’un prévenu et paie les huissiers venus vider son appartement, sale coup pour l’égo de ce beau fauve roux, et belle entorse à la loi… Mais ses plus hauts représentants, avocats, procureurs et juges sont loin d’être blancs comme neige ou rapidement ostracisés comme un juge Roban peut finir par l’être quand l’exemplarité est désormais un crédo mal vu…

Il aura quand même fallu trois ans pour que reviennent les Engrenages qui nous avaient tant plu dans une série sombre et réaliste. Comme pour marquer la longueur de leur absence, quasiment tous les acteurs ont coupé leurs veuchs, ce qui les a tous vieillis et l'image toujours sombre ne les arrange pas, particulièrement Berthaud. Pour autant, ces personnages volontiers ambigus sont presque tous prêts pour monter d’un palier hiérarchique alors que l’ascenseur social reste bien sûr bloqué pour les laissés-pour-compte, sans parler de ceux qui vivent sous le joug de caïds tarés ou de familles dangereuses. En plus d’en apprendre toujours plus sur les personnages principaux, on découvre en effet avec cette saison plus tournée vers la banlieue, le deal et la drogue, des méchants puissants et impitoyables au-dessus des minables à grande gueule (Reda Kateb est très bon en tyran de cité, Youssef Hajdi n’est pas mal non plus en petit truand à l’esprit torturé).

Pas pour autant une usine à recycler les clichés, Engrenages dissèque aussi les jeux de pouvoir tout en restant proche de l'actualité brûlante : l’échec de la politique de la ville, l'ambiance après les émeutes de 2005, la réalité d’un métier devenu affreux, quand les flics au boulot ne sont jamais les bienvenus, voire méchamment accueillis, comme peut l’être par ailleurs un officier d'un autre service que l'on colle à l'équipe puisque « plus professionnel » en tant qu’infiltré, de quoi entretenir les crispations mais aussi un suspense sympa. Très bonne saison encore et sans besoin d'hameçon relou pour appâter le chaland (par exemples les césures entre les saisons sont nettes, pas de pointillés), un scénario riche en rebondissements propres à la nature humaine et une ribambelle d’acteurs très talentueux suffisent à faire espérer la sortie d’une suite plus rapidement cette fois, quand on demanderait bien à d’autres d’arrêter les frais tant les grosses ficelles sont devenues systématiques.

Bonus : teasers, instants de tournage à la DPJ (8’)

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