Chroniques DVD
28
Fév
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

film malle moreau romet davis drame

Genre : contrecarré

Scénar : Florence appelle Julien et lui dit qu'elle l'aime, qu’elle ne le quittera jamais, les deux sont consumés d'amour mais ils ont aussi un projet radical. L’homme s'évade discrètement de son bureau après avoir enfilé des gants et empoché un grappin et un revolver. Il se hisse vers les hauteurs et s'introduit dans le bureau de son patron, un richissime marchand d’armes et accessoirement mari de sa maîtresse. qui s’est bien rempli les fouilles pendant que les jeunes hommes se faisaient tuer à la guerre d'Indochine à laquelle a participé Julien. Il maquille le meurtre en suicide, croise un chat noir - mauvaise augure ? - et redescend comme si de rien n'était. Mais, bévue, il a oublié un détail voyant : la corde qui pend toujours sur la façade. C’est en voulant réparer l’erreur qu’il se retrouve coincé dans l'ascenseur pendant qu'un petit blaireau du coin lui emprunte sa bagnole pour faire un tour avec la jolie fleuriste du quartier. Florence attend toute seule en terrasse et voit passer la bagnole avec la fleuriste à l'intérieur, elle commence à se faire des idées. Au même moment, les deux jeunes gens trouvent un flingue dans la bagnole et du matériel qui leur fait penser que l’infortuné prisonnier de l’ascenseur est peut-être un espion. Mêm’ pas !

Ascenseur pour l'échafaud est le premier vrai long-métrage de Louis Malle après sa participation au Monde du silence du commandant Cousteau. C’est aussi l’adaptation d’un roman du même nom de Noël Calef sorti en 1956 (point commun avec le film précédent de Jeanne Moreau, Échec au porteur de Gilles Grangier, lui aussi portant un texte de Calef à l’écran) ; c’est d’ailleurs l’auteur qui se charge de préparer le texte avant que le réalisateur et l’écrivain Roger Nimier s’attaquent à l’adaptation et aux dialogues. La photographie est confiée à Henri Decaë, ZE spécialiste de l’école Nouvelle vague, Alain Cavalier est là aussi en tant qu’assistant réalisateur et une formidable bande originale jazz a été enregistrée en une seule session par le génie Miles Davis, ne manquaient que des acteurs d’exception pour compléter le tableau : Jeanne Moreau respire une tristesse à mourir mais elle est belle et naturelle, c’est sûrement pour ça qu'on la choisit toujours pour incarner ce genre de rôles, Maurice Ronet est lui aussi très inspiré avec ce personnage déterminé qui se retrouve les jambes coupées par l’impitoyable destin. Quelques apparitions à noter aussi, celles de Charles Denner, Hubert Deschamps, Lino Ventura et Jean-Claude Brialy.

Avec tous ces atouts, Ascenseur pour l'échafaud se révèle être un film assez formidable pour un premier travail, le suspense, l’action, les couleurs, la musique extraordinaire, les personnages touchants, un piège à souris infernal autour d'une affaire simple, c’est toujours la même histoire mais ça fonctionne, deux amours folles qui se croisent sur la route du hasard et foutent tout parterre sans le vouloir ou presque, la faute aux maudits aléas. On remarque que contrairement à ce que l’on voudrait croire les jeunes étaient déjà débiles dans les années 1950, on l’a aussi été et les suivants le sont encore plus, et de pire en pire. C’était aussi - attention, c’est de la science-fiction totale - une époque où des gens pouvaient casser la bagnole des autres et ensuite se faire inviter à bouffer, de véritables hippies en avant-première que ces touristes allemands-là ! De quoi contrebalancer la présence d’un marchand d’armes heavy-demment sans scrupules ! La Nouvelle vague est déjà dans la place, elle ne demande qu’à défoncer les grilles et à saccager le cinéma de Papa qu’elle abhorre, elle n’y parviendra pas mais mettra un coup de fouet à un art qui commençait ici et là à tourner un peu en rond. Ceci dit, tourner en carré peut être périlleux. Non ?

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