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Chroniques cinema
08
Avr
2016

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

[Publié à l’origine dans La Pieuvre du Midi N°45 - version director's cut pour le site]

La La Land

« Je n’écrirai rien sur ce film, c’est une… » merveille…

Genre : comédie musicale renversante

Scénar : dans les bouchons à L. A. en été, au lieu de casser la gueule au con qui klaxonne derrière on sort tous de sa caisse et on danse, hop. En hiver c'est plus morose, mais un casting tombe enfin pour l’actrice Mia qui joue divinement, bien qu'on l’ignore systématiquement, la faute à pas d’chance. Heureusement qu’elle cohabite avec des filles pleines de vie qui la font sortir un peu d’une coquille qu’elle se bâtit petit à petit. Elle cache son désarroi derrière un sourire magnifique jusqu’à ce qu’une mélodie émane d'un club et la fasse chavirer. Le pianiste, condamné à jouer de la musique d’ascenseur, ne peut s'empêcher de se laisser aller…et se fait virer. Mais elle l'a vu, entendu, elle est bouleversée, va lui dire et lui l'ignore. Encore un. Une serveuse martyrisée par des connards de clients, un musicien puriste qui se demande comment être revolutionnaire en étant conservateur… En restant pur, et soi-même.

L’auteur de ces lignes déteste les comédies musicales mais celle-là est juste géniale. Pleine d'entrain, elle renoue avec une Amérique colorée et joyeuse, antithèse de celle du milliardaire atrocement laqué. Les acteurs sont super bons, rappellent le Hollywood de l’âge d’or où les grands savaient tout faire : chanter, danser, nager, lutter, faire des claquettes (même pas reloues, c'est fou) comme Lancaster, Hepburn, Douglas and Co. Et cette histoire de deux âmes qui se rapprochent joliment occasionnent une visite au cœur des studios Warner et rejoint ainsi Hail, Caesar ! dans la catégories des films qui montrent l'intérieur de la machine cinéma.

On avait déjà pris une gifle avec Whiplash 1, (on retrouve d'ailleurs ici aussi l'immense J. K. Simmons, le Schillinger de Oz 2) paf, ça recommence avec ce film drôle, émouvant, déchirant parfois et superbement filmé malgré la multitude de figurants. Un film à voir en salle ou pas du tout, avec le son à donf (parce qu'en plus de sacrées bonnes chansons sont à prévoir) pour un frisson de plus de deux heures. Et on n'exagère même pas. Au fait, M’sieur Chazelle, c’est dégueulasse de faire chialer quelqu’un avec un simple klaxon.

1 voir Whiplash de Damien Chazelle (avec Miles Teller, J. K. Simmons...) 2013.

2 voir Oz de Tom Fontana (avec Harold Perrineau Jr., Lee Tergesen...) 1997-2002.

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