Chroniques DVD
05
Aoû
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : les frères Coen vs la feuille blanche

Scénar : à New York en 1941, Barton Fink fait un triomphe avec sa pièce et bien que sa coiffure entre touffe et banane soit un tantinet disturbante, il se fout des critiques. Il est d’ailleurs convoité par Hollywood mais l’homme est un puriste, a peur de se couper de « l'homme du peuple » qu'il idéalise. Il part tout de même et, arrivé à son hôtel californien, y découvre un personnel assez loufoque mais ce n'est rien par rapport à son futur patron, un déjanté total qui lui propose de scénariser un film de catch en une semaine. Mais pas facile de marner avec Charlie le VRP en assurances, voisin de chambre très bruyant et qui en plus s'incruste régulièrement pour picoler. Devant son manque d'idées, on lui projette des navets du genre qui ne semblent pas l'aider plus que ça, on lui propose aussi l’aide d’un écrivain censé lui donner des pistes mais qui passe son temps en compagnie de l’ébriété. Ah c’est pas gagné c’t’histoire…!

Les frangins Coen sont déjà à la tête d’une belle filmographie quand ils décident de s’attaquer à l’univers impitoyable, non pas de Dallas, presqu’inoffensif s’il on fait la comparaison, mais celui…d’Hollywood ! Dans ce film déroutant et jouissif à la fois, écrit lors d’une véritable angoisse de la page blanche pendant l’écriture de leur film précédent, Miller's crossing 1, une sérieuse brochette d’acteurs de classe internationale vient faire son numéro : John Turturro (qui possède une faculté à avoir l'air con assez fascinante), John Goodman (excellent comme souvent en colosse survolté), Tony Shalhoub (Monk !), Steve Buscemi et plein d’autres tronches connues. Il raconte à sa manière, à la fois noire, drôle et effrayante ce rêve américain des studios de cinéma derrière lesquels se dissimulent de bien aléatoires conditions de travail entre autres saloperies car il contient d’innombrables angles de lecture et des tonnes de clins d’œil.

Personnage à la fois comique et inquiétant, tout comme le scénario partant du loufoque pour atterrir en plein thriller (par exemple dans ces longs couloirs d'hôtel lugubre à la Shining, ou quand un cadavre ensanglanté fait son éprouvante apparition), cette boule de flipper à lunettes pour yeux de chien battu était si bien au théâtre avant de voir sa tapisserie dégringoler le long des murs de sa chambre-taudis… C’est pourtant au cinéma qu’il décrochera dans la vraie vie une avalanche de prix qui a fait couler beaucoup d’encre autour du Festival de Cannes de cette année-là, et pour cause, essayez de faire mieux, jaloux à la manque : meilleur acteur, meilleur réalisateur, Palme d’Or, K-BOOM !!! Et a priori pour une fois les louanges étaient méritées, on a rarement vu film plus touffu et espiègle à la fois.

Bonus : huit scènes coupées (12’)

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