Une petite contribution ?

Chroniques DVD
11
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : comédie dramatique

Scénar : Gregg Williamson s’adresse à l’écran, parle de ses choix, les remet en question, parle souvent d’« Elle » et de son passé de musicien de studio qui était plus simple quand il ne faisait que jouer de la guitare en simple exécutant. Un jour, il en a marre de jouer les chansons des autres, pense même devenir sourd avec tout le bruit produit par l'endroit où il joue et enregistre. D’abord il retourne au pays où il revoit son père qui n'a pas évolué depuis la dernière fois qu'il l'a vu : homophobe au possible, indifférent à la santé précaire de son épouse, conservateur jusqu'au bout des ongles, il pensait comme beaucoup de crétins que la musique ne peux pas faire gagner sa vie à un homme, un vrai. « Elle » est mannequin pour la publicité et vit une vie qui n'est pas moins saturée : comme les notes sur une partition, le moindre détail, le moindre éclat, la moindre lumière à son importance sur une photo, son travail n’en est que plus long et fastidieux. Ce n’est pas parce qu'elle est magnifique que Lynn Harris ne réfléchit pas aux tenants et aux aboutissants de la tricherie que l'on peut deviner dans la publicité. C’est l'histoire de sa rencontre avec elle qui va tout changer à l’existence de Gregg.

 

Tu parles d’un contraste avec l’épouvantable La Nuit des morts vivants sorti trois ans avant !! Produit entre autres par John Russo (le scénariste du dit film), There's always vanilla donne dans l’ambiance tranquille, très représentative d'une époque où certains à la marge de la société aiment prendre la vie à l'envers, se foutent complètement d’un éventuel emploi du temps ou d'un cursus, cèdent à la passion qui pointe son nez sans prévenir, quitte à vivre ensuite une vie dissolue avec des clopinettes. Déjà, Le moins que l'on puisse dire, c'est que la génération précédente n’est pas présentée sous un bel angle et après tout, ces jeunes gens conservent quand même pour eux le rire et cette possibilité de se moquer des crédules qui s’échinent toute une vie pour une éventuelle ascension sociale qui ne changera en fait pas grand-chose, un carcan de plus dans une société à tiroirs reste un carcan, si confortable soit-il. C’est pourquoi malgré son attitude désinvolte et ses réflexions déplacées, Lynn accepte sur un coup de tête (chacun son tour !) que Gregg l'emmène à son audition qu’il se débrouille bien sûr pour faire capoter et garder, peut-être d’abord par simple amusement, cette jeune femme auprès de lui.

Nawakulture est totalement amoureux de ce film qui est sûrement le plus beau de George A. Romero car bien que nous soyons, comme beaucoup, victime d’une sérieuse addiction à ses films de zombies, on préfère clairement la poésie, évidemment accompagnée ici de beaucoup de musique, qui émanent de ce film étrange dans lequel évoluent deux acteurs tout à fait charmants : Judith Ridley est sublime et pétillante (et pourtant ce sera son dernier film après…La Nuit ; Raymond Laine est drôle et caustique (ou « décalé et mignon » comme elle le lui dit un jour, c'est son premier film, on le reverra dans Season of the witch), ils interprètent deux personnages qui devaient absolument se rencontrer sous peine / avant de vivre une vie merdique pleine de certitudes pré-fabriquées. Les deux fameux ballons introductifs / conclusifs, ce rose et ce bleu qui flottent dans le ciel, symbolisent peut-être deux âmes attachées l'une à l'autre, mais aussi tributaires malgré tout de la vie et de ses soubresauts, on peut toujours aller plus haut, on peut toujours aller n'importe où, encore faut-il qu'un petit coup de vent malin et contraire ne sépare pas les deux en plein voyage, transformant une rencontre en simple souvenir. There's always vanilla, c’est le film bi-goût : une chouette comédie et un drame poignant doté d’un montage très efficace entre expérimental et explicatif, LIBRE quoi.

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