Une petite contribution ?

Chroniques DVD
08
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

serge korber comédie drame film

Genre : le chemin n’est pas droit vers le droit chemin

Scénar : le jeune Fred prend des photographies instantanées des gens dans la rue pour la boutique du vieil escroc Polnick. Il partage un appartement avec son copain François mais aussi avec Janine, son ex avec qui François fricote. Fred voudrait bien les voir partir et alors qu'il s'attend à ce que son ami officialise sa liaison avec la fille, il tombe sur un homme saoul qui renverse sa bière et insiste pour lui en payer un autre ; à sa table se trouve la jolie Claire. Soudain, le poivrot accuse Fred puis Claire de lui avoir piqué son portefeuille mais aucun des deux ne l’a. Sauf que c'est vraiment Claire qui l’a, elle est en fait une pickpocket très douée qui a monté une combine avec son éternel complice Brady. Après un moment auprès de Claire qui l’invite chez elle, Fred devine douloureusement qu’il a dû prendre quelqu'un en photo quand il ne le fallait pas puisqu’il se fait casser la gueule et braquer sa pellicule. L’inspecteur Lorenzi enquête sur des cas similaires mais Fred fait comme s'il n'avait remarqué personne de particulier, même s'il se doute que Brady est derrière l'agression. Pourtant, Claire passe le voir et quand il lui avoue qu'il l'aime, elle décide de tout laisser tomber pour lui après un dernier coup…

La Petite vertu est l’adaptation (par un trio de choc : Michel Audiard, Claude Sautet et le réalisateur lui-même) d’un roman de la Série noire signé James Hadley Chase et sorti sous le même titre en 1962. Une fois de plus pour ce troisième Korber, un sacré paquet d'acteurs talentueux sont au rendez-vous dont plusieurs étaient déjà au générique de son film précédent 1 (Dany Carrel sexy et touchante, Micheline Luccioni, Robert Dalban, Pierre Richard, Dominique Zardi…). Jacques Perrin si jeune et plein d'espoir forme avec Dany Carrel un très beau couple assez amusant à voir évoluer, Serge Korber aime clairement filmer l’amour et la poésie qu’il inspire (tiens, encore une marelle au passage…), on est content de l’apparition discrète du grand Claude Chabrol mais aussi d’un truculent Pierre Brasseur en chef d'agence bidon magouilleur mais pas pour autant sans cœur, d’ailleurs le film et ses personnages occasionnent de jolies images d'amour et d'amitié, un peu comme dans La Belle équipe et les films du genre qui voient grandir les espoirs d’individus vers un avenir meilleur, en tout cas plus conformes aux aspirations de chacun. Mais c’est sans compter ce que certains nomment le destin, la fatalité, la chance.

Car si l’on peut déjà remarquer ici et là plein de couleurs flashy pop (qui font bien entendu penser à la suite de la carrière de Serge Korber) et une chouette musique de Georges Delerue, le filigrane du film est tout de même assez sombre, et les questions fatidiques posées : est-il donc possible de quitter ses mauvaises habitudes et ses mauvaises fréquentations, de changer de vie quand celle-ci semble toute tracée par les circonstances ? Korber signe encore un film très intéressant et bien mené. L'année suivante il va rejoindre une équipe de réalisateurs pour assembler un film à sketches tardif intitulé Decameron ’69 dont on ne sait que très peu de choses, on en sait heureusement beaucoup plus sur le film suivant, premier d'un diptyque avec Louis de Funès, L'Homme orchestre (1970), incroyable comédie musicale quasiment extraterrestre dans le paysage audiovisuel français de son époque et surtout l'occasion pour le plus grand comique français de montrer une facette jusque-là bien méconnue.

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