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Chroniques DVD
19
Jan
2023

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

jules dassin john wayne film ww2

Genre : patriotico-romantique

Scénar : si l'on écoute sa radio et ses généraux qui croient encore à l'utilité de la ligne Maginot, Hitler ne s'amusera pas à attaquer la France dont les huiles se tapent tranquillement la cloche. Lors d'un banquet, Michèle de la Becque demande à son amant Robert Cortot de venir avec elle sur la côte atlantique mais lui, contrairement à la jeune femme qui semble ne se préoccuper que de ses toilettes, de ses appartements et que les deux s'accordent, n’a aucun doute quant aux intentions d’Hitler : il veut absolument faire un travail qui d'après lui met en jeu « l’avenir du monde ». Quand la France se retrouve occupée et qu’elle demande à parler à Cortot, on lui répond de s'adresser à la police secrète… L’homme est devenu un des collaborateurs les plus influents de l’armée allemande tandis qu'elle est ruinée, sa maison a été réquisitionné par l'armée et elle devra se contenter du logis des concierges. Mais il en faut plus pour la faire plier, elle n'hésite pas à s'opposer frontalement à ses adversaires devenus les amis d'un homme qu'elle ne reconnaît plus. Un soir en rentrant elle tombe sur un homme qui l’entraîne de force, il est aviateur américain de la RAF, s’est évadé d’un camp de prisonniers et a des agents de la Gestapo aux fesses. Elle va tout faire pour l'aider à regagner Londres, quitte à jouer les agents doubles.

« Elle est importunée par la guerre, elle pourrait la faire interdire », c’est ce que disent d’elle les employées du personnage incarné par la troublante Joan Crawford : modèle de la riche bourgeoise futile et capricieuse, elle se révèle, devant l'adversité que dresse devant elle la seconde guerre mondiale, être l'incarnation même du courage et de la fierté patriotique, elle va même jusqu'à tenir un discours légèrement anti-français moyen quand elle dénonce ses compatriotes, bien pires que les Allemands à son avis quand, au lieu de se battre, espionnent leurs voisins. Elle n'aura pas plus de respect plus tard pour les femmes qui profitent de leur position de maîtresses d’officiers allemands ou des profiteurs de guerre qui n'hésitent pas, on en voie une, à former de grandes tablées en forme de svastika pour mieux cirer les bottes de l'occupant. Alors bien sûr, période oblige, ce retour de Jules Dassin fort sombre après une comédie romantique 1 ne manque ni de personnages très caricaturaux ni de cette ferveur patriotique typique, en plus des clichés inhérents à la moindre activité de John Wayne qui malgré un scénario qui s'arrangera toujours pour le montrer en brave garçon, nous fera toujours l'effet d'être un grand con se baladant toujours en terrain conquis et s'amusant à embrasser les femmes qui ne lui ont rien demandé.

Encore un film qui a beaucoup, beaucoup vieilli, dont les scènes de studio sont carrément moches (wah cette scène du guide qui fait visiter Paris aux soldats allemands est atrocement mal faite !!) et dont le générique qui se veut guerrier en faisant des clins d'œil à la Marseillaise finit par ralentir et devenir plus sombre afin d'introduire le climat général. Que les fanatiques du Gotha prennent note, la future immense étoile hollywoodienne Ava Gardner fait ici une apparition, elle sera aussi de la partie dans le prochain film de Jules Dassin, une pétillante comédie intitulée Young Ideas (1943). Qui d'autre aurait pu incarner le mal en uniforme SS si ce n'est le sinistre John Carradine, on ne peut nier qu'il s'y montre fort doué et qu'il n'a que très peu à faire pour inspirer à la fois la peur, la répulsion et l'envie tenace de lui coller un pain, c'est un peu sa malédiction car sa carrière sera émaillée de rôles du même type, mais un physique pareil ne pouvait appartenir à un amuseur public, on aurait quand même bien voulu le voir s’y essayer, mais avec une filmographie pareille (le bonhomme est crédité à l'affiche de pas moins de 350 films !!!), on continue à chercher, on ne sait jamais. Pour revenir à Reunion in France, on a affaire à un film à l'atmosphère classique de ce début des années 1940, l'entrée en guerre des États-Unis aux côtés des Alliés va un peu changer la donne et donner un peu plus dans l'action plutôt que dans le drame. Il n'empêche qu'un personnage principal féminin de la trempe de cette résistante a du panache et qu'il ne mérite pas forcément l'oubli dans lequel il est tombé.

1 voir The Affairs of Martha de Jules Dassin (avec Marsha Hunt, Richard Carlson, Marjorie Main, Virginia Weidler, Spring Byington, Allyn Joslyn, Frances Drake, Barry Nelson, Melville Cooper, Inez Cooper, Sara Haden…) 1942

 

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