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Chroniques Blu-Ray
24
Jui
2006

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : néo-peplum option culturisme

Scénar : l'enfant Léonidas est arraché à sa mère à sept ans pour être plongé dans la guerre et le sang, tout ce à quoi son destin est lié de par sa naissance dans la ville des guerriers par excellence, Sparte. L’initiation, après une éducation ultra-violente, est son abandon dans la nature de laquelle il doit revenir vivant, ce qu’il parviendra à faire après un affrontement avec des créatures qui ne ressemblent à rien de terrestre. Devenu roi, Léonidas doit un jour défendre la Grèce contre l'armée du roi perse Xerxès dont les messagers sont précipités dans un gouffre qu'on dirait sans fond. Après ce coup d’éclat que Xerxès n'est pas près de pardonner, Léonidas va mander aux éphores leur approbation mais malgré les avertissements de l'oracle, il réunit 300 hommes, auxquels s’ajouteront un temps des volontaires arcadiens, et décide de pousser les perses vers le très stratégique défilé des Thermopyles pour les écrabouiller et montrer en même temps que les spartiates ont le sens de la maçonnerie : avec les éclaireurs on fait un joli mortier pour les murs de défense.

Disons-le d’emblée, 300 est l'archétype du film que l'on sent dès les premières images être d’un autre temps, si différent de celui du cinéma organique que l'on aime tant… Le digital ici prend des proportions gigantesques et il est très difficile de supporter quelque chose qui a l'air entièrement faux - ce qui est paradoxal puisque la machine à rêve cinéma n'est pas forcément faite pour flirter avec le réel - mais les couleurs, les décors et tout un tas d'autres choses ici ont l’apparence tellement artificielle que, vraiment, c'est difficile de ne pas le voir comme un dessin animé tant la part humaine semble minime. Les yeux des personnages, les flocons de neige, la gigantesque armée d’invasion (dites, au passage, Hannibal guidera bien mieux ses éléphants que Xerxès, non mais !), rien n’est crédible là-dedans, sans parler d’un discours extrêmement viril et très euro-centré où l'on parle de l'Asie comme de l'ennemie jurée, mais tenons-nous au concept de l’adaptation, la BD (ouais bon, le roman graphique) de Frank Miller ne faisait pas, à l’instar de beaucoup d’autres, dans la dentelle.

Ceci dit, on accorde à Zack Snyder (déjà réalisateur de L'Armée des morts) que l’ensemble, déjà tour de force graphiquement superbe et doté d’une musique relativement métallique (du coup on ne risque pas de s’attendre au générique final sur un rap…en français, surprise !!), est souvent chorégraphié de main de maître (la séquence au ralenti du roi au combat est magnifique) et saupoudré d’effets délicieusement gore (les « immortels » ont par exemple une jolie façon de décorer les arbres sur leur passage, certaines créatures donneraient presque dans le Hellraiser bourrin et de toute façon personne ne fait de quartier dans ces batailles où l’on se charcle à grands coups de glaive et de flèches dans la viande !). Mais, pour résumer, c’est peut-être bien beau mais ce n'est pas de notre âge. Quel malheur de se rendre compte qu’on est désormais le vieux con d’un autre, mais qu’en même temps on a gagné la sagesse qui nous confirme que de toute façon, ben c’est nous qu’on a raison. Allez retournez voir Avatar et Twilight jeunes pousses ! Et rendez-nous Harryhausen !

Bonus : « 300 spartiates : réalité ou fiction ? » (rappelle que le récit suit la longue tradition de l'interprétation de la journée décrite par le film, la bataille des Thermopyles, le réalisateur dit sa vision par le filtre de l'auteur de la BD, des témoignages d'historiens livrent pas mal d'éléments sur une civilisation bien plus complexe que le montre la légende virile et guerrière, on note que les dialogues sont basés sur les textes d'Hérodote, 25’), des documentaires autour de Frank Miller qui avait refusé plusieurs fois que son travail soit adapté au cinéma mais qui finalement craqua devant la version du réalisateur dont on montre ici comment il a su convaincre les producteurs, ce qui n'est pas toujours une mince affaire. Miller parle de sa vie, de son mentor Neil Adam mais aussi de Will Eisner dont il finira par adapter en 2008 le personnage du Spirit), des making of (toujours traumatisants à voir quand on veut toujours plus conspuer l'existence des écrans verts et de tous ces trucages numériques qu'on aurait voulu qu'ils n'existent JAMAIS), webisodes (sous ce terme ridicule se dissimulent des témoignages recueillis auprès de tous les postes du tournage), scènes inédites…

 

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