Une petite contribution ?

Chroniques DVD
09
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : la stratégie de la tension

Scénar : le bruit des bottes allemandes résonnent sur les grandes avenues parisiennes mais tout le monde ne s'est pas contenté de plier et subir, voire de se taper la cloche sans être gêné par les compromissions. En 1942, Philippe Gerbier, serré par la police, est interné dans un camp dont il finit par s'évader et retrouve même celui qui l’a vendu à l’occupant. Ensuite, il gère le transfert de soldats vers l'Angleterre à la tête d'un réseau sans cesse menacé par la Gestapo et la délation.

D'après Joseph Kessel, L’Armée des ombres est un film lent et tendu, fascinant, une fresque géniale qui fout toujours un coup, où est donc passé ce cinéma-là ? Un grand casting tout d’abord : Ventura, Signoret, Cassel, Crauchet, Reggiani, Meurice, Barbier ! Ensuite une ambiance sombre, grisâtre même, sublimée par une musique quasiment funèbre dont un passage sinistre, signé Morton Gould, que l’on retrouvait déjà en générique des Dossiers de l'écran. La voix off monotone de Gerbier fait aussi son office, le résistant forgé par le danger pense constamment, calcule sans état d'âme, souvent au détriment des gens autour puisque l’on doit se méfier de tout et de tous à chaque instant, la paranoïa est permanente même au sein d’une famille… Et même si c’est dur parce qu’ils ont pu être des héros auparavant, il ne s'embarrassera pas des traîtres : d’ailleurs le peut-on en ces temps ?

À part les rigolotes scènes de (maquette) d'avion, le film a bien vieilli et reste un classique immense du cinéma au sujet de l’Occupation. Il contient de plus des scènes légendaires (par exemple celle, surréaliste, de l'exécution compliquée par les murs qui ont des oreilles ou une autre, stressante, au champ de tir…) et s’avère une reconstitution fidèle d’une époque (décors, costumes, bagnoles, avion - qu’est-ce que c’est beau un Lysander !) qui continue d'inspirer aujourd'hui, pas toujours génialement, des myriades de films. 

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