Une petite contribution ?

Chroniques DVD
17
Aoû
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : fresque à charge

Scénar : l’Écosse, déjà mise à contribution pour la guerre en France, va voir sa noblesse corrompue et son peuple écrasé plus encore sous les impôts et les humiliations afin que le roi d'Angleterre assoie sa puissance au vu et au su de tous, en particulier de la France qui domine cette Europe du XIIIème siècle. Le rétablissement du droit de cuissage, quasiment le plan d'extinction du peuple écossais à long terme, se voit remis au goût du jour par un roi cruel et calculateur, Édouard Ier. Déjà en 1280, le roi d'Écosse mort sans descendance avait inspiré Édouard à convier les chefs de clan pour les massacrer et s'emparer du pouvoir et d’écraser les révoltes. William Wallace est recueilli par son oncle, un guerrier lettré qui lui apprendra à la fois le latin mais aussi le combat, c’est grâce à son ingéniosité que les anglais sont défaits à Sterling (1297) à la suite de quoi il est même nommé chevalier. Mais la noblesse, fidèle à elle-même, continue de conspirer (le vieux Bruce est un opportuniste qui engage son fils Robert, espoir de Wallace, à soutenir la rébellion pendant que lui la réprouve officiellement auprès des grands, et à jouer la neutralité afin de garder la main sur les terres). Wallace décide lui d'attaquer carrément l'Angleterre mais avec des ennemis face à lui et derrière lui, pourra-t-il libérer le pays qu'il chérit ?

Un petit survol des paysages magnifiques de l'Écosse accompagné bien sûr de cornemuse pour mettre en train (on croirait la musique de James Horner rêvée en même temps que le reste…) et c'est parti pour une des plus grandes fresques du milieu des années 1990 qui va relancer le film historique pendant un moment, on en attendait pas autant d’un acteur réalisateur qui n'avait commis jusque-là qu'un seul film somme toute assez modeste malgré ses sincères qualités 1. Braveheart, c'est fatalement un tour de force à réaliser avec ces tonnes de figurants mais aussi la saga à l'ancienne, avec un héros incorruptible touché par le malheur (sa promise est assassinée par l'occupant) qui s'entoure de tout un peuple pour défier les puissants qui se servent d’eux comme des pions, d'un peuple qui du coup n'a plus rien à perdre quand il faut pique prendre face à des personnages ignobles pour forcer le trait et motiver troupes et public dans des combats brutaux qu'on ne pouvait imaginer autrement face aux chantres de la lâcheté politique, ceux qui détiennent le pouvoir au détriment de ceux qui se battent, souvent de basse extraction mais avec au cœur un véritable amour d'un pays. Que les gens qui exercent le pouvoir soient à jamais maudits d'avoir pour seul rôle de tuer la liberté de chacun des animaux qui est en nous, et de diviser pour seulement régner.

Ajoutons que si « l’Histoire est toujours écrite par ceux qui ont pendu les héros », celle-ci, narrée par la voix du personnage de Robert the Bruce, ne lésine pas avec les images dures, dès le départ on sait qu'on aura affaire à une biographie qui ne prendra pas de gants malgré la très (trop ?) dose de romance (Sophie Marceau est sauf erreur la plus belle femme du monde après Diana Riggs, son rôle s’éloigne un gros poil de la vérité historique, entre autres voyantes boulettes). Mais on n’est pas la pour faire une reconstitution docte ou exacte mais bien pour faire vibrer les salles - particulièrement les écossaises, non ? - et ça marche à donf de chez donf avec des scènes absolument superbes comme cette petite fille qui vient offrir le chardon au jeune Wallace, deux enfants merveilleusement beaux, la scène du mariage nocturne est juste sublime tout comme celle où l’épouse accepte son sort et enjoint l’époux de ne point étriper l’anglais qui provoquerait forcément l’incendie du village et un massacre de plus…), d’autres sont plus drôles (puisque l'anglais interdit le maniement des armes, les écossais s'entraînent avec des pierres, ce qui donne lieu à une scène cocasse) ou plus brutales comme on l’a déjà dit. Comment ne pas se laisser embarquer par ce souffle d'aventure et de romantisme, que de frissons et de soupirs se laisse-t-on aller à ressentir…

N’est-ce pas le but de ce genre de film qui se faisait rare depuis quelques années avant ?

Bonus : bande-annonce

1 voir L’Homme sans visage de Mel Gibson (avec Nick Stahl, Margaret Whitton, Fay Masterson…) 1993.

Les mots-clés :

Quelques chroniques en vrac