Chroniques DVD
02
Aoû
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : fiction documentaire

Scénar : en 1885 en Colombie-Britannique, un ourson découvre petits pas par petits pas ce qui sera son terrain de chasse pendant que Maman en veut au miel d'une ruche d'abeilles qui ne se laissent pas faire. Celle-ci sent en creusant que quelque chose la guette, c'est ce qu'on appelle la loi de la physique : un trou en dessous d'une lourde masse et l'on a tôt fait d'être écrasée. Quand il s'aperçoit que l'immobilité de sa mère ne fait pas partie d'un jeu, l’ourson, désormais seul face à l'adversité, se laisse aller un moment au désespoir mais l'instinct de survie prendra le dessus. Il rencontre sur son chemin hasardeux des compagnons de jeu très bizarres (grenouille, papillon…), il y aussi, soudain, cet ours énorme, à la fois raison de la randonnée de deux chasseurs dès qu'ils apprennent son existence, mais aussi porte d'entrée à une compagnie pour le petit ourson. Le colosse ne compte pas s'embarrasser de ce petit poids mort mais, blessé par une balle, se laisse peut-être attendrir à force, d’autant que le petit, têtu, entreprend même de soigner son aîné… Les chasseurs toujours en course n’ont bien sûr pas le même objectif…

Projet imaginé (d’après un roman de Curwood) bien avant celui du Nom de la rose arrivé comme une surprise, L’Ours est un véritable hommage à son personnage principal mais aussi à la relation que l’homme entretient avec une planète qui est encore à l'époque de l'histoire pas tout à fait en danger, une époque où la chasse oppose encore à l'époque des adversaires presque équilibrés (l’attaque des chevaux est particulièrement impressionnante) et s’avère cruelle des deux côtés (même si les images restent assez pudiques sur l’immémoriale loi du sang qui règne). Tourné avec l'amour de la Nature dans des paysages (italiens) magnifiques de montagne surplombée de nuages superbes, L’Ours comporte très peu de dialogues, c'est la Nature qui parle, ainsi qu’une myriade d’animaux magnifiquement filmés dans ce cadre tellement idyllique. Et puis il y a aussi la musique onirique à souhait de Philippe Sarde, emplie de l’esprit de cette histoire sans artifices ou presque.

Si l'on peut parler de jeu d'acteur, celui des ours est absolument incroyable, il a dû demander des milliers d'heures d'entraînement, on n'imagine même pas la patience des dresseurs d'animaux (bien que l’on aime pas trop ce terme ici…) et certaines séquences sont irrésistibles : le mimétisme du petit envers le grand est drôle et charmant, surtout aussi superbement monté et scénarisé, le gros est tellement gros que quand il se gratte le dos contre un arbre il le secoue jusqu'à la cime, les séquences de rêve de l'ourson sont assez géniales, c’est comme ça qu’il s'aperçoit d’ailleurs que tous les champignons ne sont pas bons à cueillir, et puis tiens, le gag si réjouissant de « la chose qui tombe sur la tête » revient ici après La Guerre du feu. Conte initiatique à la fois pour l'homme et l'animal, L’Ours est un véritable chef-d'œuvre occasionnant toujours un choc terrible : celui du constat de la beauté infinie de la Nature.

Bonus : bande-annonce

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