Chroniques DVD
04
Avr
2023

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

riccardo freda eurospy film coplan

Genre : eurospy de seconde zone

Scénar : sur une route du Mexique, un camion installe on ne sait pas bien pourquoi un barrage comme pour indiquer des travaux. Il n'en est rien car une jeep ne tarde pas à se pointer et les hommes la visent au lance-roquette et la détruisent. Une semaine plus tard à Paris, une femme demande à Coplan de récupérer des documents, il découvre à l'endroit convenu le cadavre de son contact…mais heureusement le talon de son escarpin contient toujours un microfilm. Sur celui-ci des photos de tableaux volés par les nazis en 1943 et jamais retrouvés depuis. Certains d'entre eux ont déjà été mis en vente sans que personne ne puisse l’empêcher ou identifier les vendeurs. C’est la mission qui incombe désormais à Coplan à qui l’on colle un bras droit. Le pauvre a des sueurs froides quand Coplan commence à faire monter les enchères sur un des tableaux, il faut bien ça pour localiser l'ennemi. Désormais c'est en tant que géologue qu'il repart pour le Mexique afin d'en savoir plus sur la filière mais à peine arrivés, les deux agents se font ficher dans le décor par un camion ! Coplan n'est pas au bout de ses peines, il lutte contre des méchants tellement à l'avance sur son temps qu'il peut lire l'annonce de sa mort dans le journal. Et en français dans un journal mexicain, pour bien faire les choses.

Coproduction franco-hispano-italienne tournée aux abords de Barcelone qui feront figure de Mexique, ce Coplan frise sans cesse - et peut-être consciemment - la parodie. Notre agent n’est pas toujours très futé, par exemple quand il s'agit de montrer un peu de culture à son second, mais celui-ci est d'ailleurs une cible privilégiée quand il s'agit de faire passer quelqu'un pour un imbécile. De leur côté, les méchants sont surpris en train de lire Tarzan quand l'ennemi est à leurs portes, pas étonnant que Coplan les enchaîne comme qui rigole à la baston avec une vitesse peu commune, et l’homme n'a pas tendance à faire dans le détail, il tape dans le tas, tire-bouchonne des yeux, ébouillante des tronches, vide des bennes de terre sur ses ennemis, fait même cramer vivant le menu fretin ! Pour un gentil, reconnaissez qu'il est quand même très méchant, non ? Et on n'ose aborder le sujet de son attitude avec la gent féminine car Monsieur après avoir pris son plaisir chloroforme volontiers les jolies blondes de passage. Et comme on a convié à la fête de superbes jeunes femmes qui n'ont pas peur de la nudité, l'équipe y va de ses images pseudo-érotiques que les couvertures des romans de Paul Kenny montraient déjà suffisamment, rien de nouveau donc pour cet ersatz de James Bond à l’italienne.

On attendait forcément beaucoup d'un film de Riccardo Freda, qui plus est scénarisé (il s'occupera aussi d'une partie des dialogues) par le fabuleux Bertrand Tavernier, ici encore un débutant ou presque. Car c'est peut-être un peu la faute d’un scénario bavard et inutilement compliqué que la chose se prend les pieds dans le tapis, on est vraiment loin du plus passionnant des films de la série, on se rappelle alors la phrase terrible de Freda quand il qualifiait Coplan de Maciste de James Bond 1, on peut par contre reconnaître qu'il y a beaucoup d'action avec pléthore de poursuites à pieds, en voiture, en camion, en avion, en hélicoptère, des cascades rigolotes comme chez Margheriti, une caverne base secrète en carton-pâte (mais non, les gadgets n'ont pas été oubliés : canne-chalumeau, stylo explosif, pistolets minés sont dans le trousseau…), et une micropointe d'horreur avec ce plafond qui écrabouille l'infortuné ennemi pris au piège que l'on a déjà pu voir dans Fantômas mais aussi une scène dans une chambre froide d’abattoir pour rappeler que Freda a aussi œuvré dans le royaume horrifique. On note qu’encore une fois Yves Boisset a été bombardé réalisateur de la seconde équipe, le prochain et dernier épisode de la série de films autour de Francis Coplan sera aussi sa première réalisation ciné en 1968.

La phrase du film :

Devant la scène qui montre le propriétaire faisant traîner les domestiques qui font des erreurs par des bagnoles, Coplan ironise :
« C'est une bonne méthode, ça me rappelle le bon vieux temps, Auschwitz, Buchenwald... »

1 dans l'excellent ouvrage Riccardo Freda - Un pirate à la caméra d'Éric Poindron

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