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Spectacles
04
Jui
2017

[Publié à l’origine dans La Pieuvre du Midi N°53 - writer's cut]

Richard II : venue royale à Bédarieux !

Pourquoi La Tuilerie n’est-elle pas pleine quand William Shakespeare s’invite à Bédarieux ? Peut-être à cause d’une intense réflexion au sujet du vote du lendemain ?

Trêve de blague, la fumée envahit la scène et quelques instants plus tard, welcome to the king sur un RAGE AGAINST THE MACHINE inattendu ! L’homme (nu !) dans la baignoire est assassiné, son sang macule le sol. Qui de Bolingbroke et Mowbray est le traître qui a tué Gloucester, oncle du roi ? Les deux veulent le duel pour prouver leur bonne foi, ils n’auront que le bannissement infligé par un roi hilare dont l’autre oncle, Gand, se meurt. Ça tombe plutôt bien, Richard a besoin de sa cassette pour financer une campagne en Irlande. Le dernier oncle, York, est nommé gouverneur en l’absence du roi. De son côté, Bolingbroke, spolié de son titre, soulève l’Angleterre. Mais qui à part Dieu peut-il détrôner un roi ?!

Joyeuse lignée que celle des rois d’Angleterre qui occasionne en 1595 ce chouette cocktail de comédie ironique et de tragédie historique avec langage, bande originale et costumes rajeunis (et même des effets simili-sanglants limite giallo), les acteurs (saisissants, en particulier un roi dont le jeu puissant rappelle un peu celui d'un jeune Bernard Giraudeau) jouent plusieurs rôles sans que choc il n’y ait chez le spectateur. Enfin un roi insouciant et pop, cynique et drôle, osant même quelques interactions avec le public, qui fait oublier le « perfide » de l’Albion dans ce royaume bercé de riffs, aux décors et accessoires minimalistes et dont les enchaînements rapides font de cette version super bien foutue un excellent moment !

 

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