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Chroniques cinema
12
Mai
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre: fresque historico-dramatique

Scénar: l'irlandais Redmond Barry est très ambitieux et désire prendre l'ascenseur social à grande vitesse. Ces vicissitudes pendant la Guerre de Sept ans le font rencontrer des personnes qui vont sans le vouloir faciliter sa progression. Sans oublier un don particulier à savoir jouer les ahuris pour triompher des rares purs qu'il croisera sur sa route. C'est comme ça qu'il parviendra à épouser la très belle veuve de haut lignage anglais Lyndon et à devenir, enfin, Barry Lyndon... Plus dure sera néanmoins la chute, bien mal acquis ne profite jamais dit-on. 

Quelle bonne idée à l'occasion de la projection nationale de l'intégrale Kubrick de se replonger dans des classiques indémodables, complexes et touffus, sachant que leur diffusion sur l'écran, littéralement petit, est plutôt rare. En tout cas pour ce Barry Lyndon qui dure la bagatelle de trois heures et des poussières. Donc prévoir un GROS paquet de bonbecs et s'abstenir d'un voisin impachiant qui secouerait à coup sûr son fauteuil, voire toute la rangée, en gigotant façon techno hardcore un genou hyper-actif. Comment ? Vous avez déjà vécu ça ?

Peinture flamande de taille colossale et en même temps cruel portrait de l'arrivisme, le Lyndon laisse constamment percer une ironie terrible quand il évoque des sujets comme les faux-semblants de la noblesse, la fatuité des parvenus, la corruption et la luxure. Tout comme le roman de Thackeray dont est tiré ici l'essentiel. La musique, omniprésente, contrebalance cet effet acide avec des pièces choisies dans le répertoire contemporain du récit (à part le trio de Schubert de 1814) et apporte un peu de légèreté rythmique. Ce n'est pas sans une certaine perversité que le film livre des petites portes de sortie morales qui sont très rapidement refermées, un peu comme si se baladant comme Lyndon dans un bois, la rencontre avec un bandit de grand chemin faisait changer d'itinéraire l'innocent promeneur. NO WAY aux échappatoires et aux pensées bienveillantes, l'homme est foncièrement mauvais mais par bonheur finit souvent par payer la note. Mais Barry, ça, ça lui en fait une belle jambe ! 

PS: pour en savoir un petit peu plus sur la musique du film, c'est par ici: http://www.church-ov-ze-dead.com/spip.php?article1912

 

© GED Ω - 12/12 2011

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