Chroniques DVD
15
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre: Science sans conscience bla-bla-bla

Scénar: Tout le monde se moque des difformités du bossu Gotho qui, c'est vrai, marche comme un gorille, même les enfants le caillassent, de toute façon il semble bien que le monde ne soit composé que de pourris. Pas exactement en fait, une belle malade en voie de garage à l'hôpital le traite de façon humaine et apprécie sa compagnie ainsi que ses bouquets de fleurs. Dévasté quand elle est emportée par la maladie, il devient l'âme damnée d'un toubib toqué (tiens tiens un certain professeur Orla...) qui prétend la ressusciter. En échange, il devra le fournir en cadavres. Bon ça va, c'est pas comme s'il devait faire le ménage dans son bureau ou tailler des haies quoi. 

Si l'on doit à Jesus Franco tout un tas de films affligeants, il paraît bon de rappeler qu'il fut le réalisateur du tout premier film d'horreur espagnol en 1961 avec L'Horrible docteur Orlof. Il pose sans le savoir les bases d'une période faste pour le style à partir de la fin des années 60 malgré la tyrannie de l'église catholique et de son valet le général "caudillo", lui aussi un Franco.

Youpi y avait longtemps, un générique sur de la musique festive avec accordéon un peu houm-pa-pa sur les bords, ce qui annonce forcément un film où la germanisation est de mise comme chez le docteur Orlof, comme pour signifier que l'horreur ne peut avoir lieu sur le chaste sol espagnol : ça rigole rudement bien dans la taverne, ça doit être l'effet des gigantesques pintes quasiment cul-sec et de l'accordéon. Mais attention, bourré, on perd la course, même contre un bossu claudicant.

Même s'il erre entre les films de la Hammer et l'Italie bis (détails froids et gore au programme, on trouve aussi des touches de romantisme gothique et de la poussière médiévale que l'on croirait sorti de films de Ossorio ou Margheriti...), ce Bossu est plutôt un beau et bon film, parfois émouvant grâce notamment à une musique lancinante et sombre qui se révèle efficace pour maintenir le funèbre du récit. Tout le monde n'a pas forcément le niveau d'acteur optimal mais certaines scènes tiennent de l'hallucination tandis que les décors sont assez réussis : les rats en feu (qui semblent authentiques), des squelettes, une crypte de l'Inquisition héritée des chevaliers teutoniques, un laboratoire secret au sein de sublimes ruines à visiter d'urgence... Pour faire joli on cite le Necronomicon et on ajoute un zeste de Herbert West ou Frankenstein, l'histoire d'un amour impossible, et emballé c'est dépecé.

Le chouette livre signé Alain Petit inclus dans le coffret de ce DVD renferme de nombreuses informations à propos du cinéma de genre espagnol et liste quelques films que nous nous empresserons de visionner pour en reparler ici sur ce site. On en profite pour conseiller un petit tour du côté d'autres articles fort à propos de ce blog au sujet du Le Sadique Baron von Klaus (1962), ou des Les Maîtresses du Docteur Jeckyll (1964), on revient bientôt sur la carrière des réalisateurs Amando De Ossorio et Leon Klimovsky.

Bonus: diaporama d'affiche et d’ images, une scène alternative, bandes-annonces et surtout un entretien de 90 minutes avec Alain Petit sur le cinéma de terreur espagnol.

 

© GED Ω - 03/10 2014

 

Pour en savoir plus c'est par là : http://www.artusfilms.com/le-bossu-de-la-morgue

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