Chroniques DVD
03
Jan
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : comédie dramatique

Scénar : le baron est en pleine banqueroute et croit aux chimères du jeu pour se renflouer, sans succès : les huissiers passeront donc tout prendre. Mais il est encore loin de la misère dans laquelle vivent les familles populaires, celles des bas-fonds si bien nommés. Pépel de son côté vole des objets que refourguent ses odieux locataires, une femme lubrique et un homme jaloux qu'il passe à deux doigts d'étrangler, heureusement que la sœur de la propriétaire intervient, elle qui a l'air si différente de toutes ces créatures condamnées par leur condition. Une nuit où il part cambrioler un hôtel particulier, il se retrouve chez le baron par la tête duquel passe justement l'idée du suicide. Ils deviennent amis et le baron rejoint Pépel à la pension où ils devront comme tout le monde faire face à la vie…et à eux-mêmes

Adaptation d’une pièce de théâtre de Maxime Gorki écrite en 1902, Les Bas-fonds met en scène des personnages très attachants à qui l’on fit de plus don de dialogues de grande classe, et qui mieux que cette galerie de géants pouvaient les déclamer avec tant de talent ? Jean Gabin et Suzy Prim forment un très joli couple face à un vrai binôme de fumiers du genre Thénardier que l'on rêve de voir écrabouillés par la botte ferrée du destin. Louis Jouvet est systématiquement impressionnant, touchant même dans le rôle de ce noble cynique et désabusé mais le damné Robert Le Vigan est lui aussi surprenant, encore et toujours, dans ce rôle d’halluciné à la destinée tragique, quelle perte pour le cinéma que cet acteur au jeu si particulier fusse quelques années plus tard parti en vrille à l’arrivée des allemands dans le pays…

On retrouve aussi Jacques Becker (Goupi Mains rouges, Casque d'or, Touchez pas au grisbi, Ali Baba et les Quarante voleurs, Le Trou…) en poste d’assistant-réalisateur de Jean Renoir avec qui il travaille depuis le début des années 1930 mais aussi les dissidents russes Ievgueni Zamiatine qui signe l’adaptation juste avant de mourir l’année suivante et Jacques Companéez que l’on retrouvera sur de nombreux films, l’après-guerre lui apportant de grands succès comme le scénario de Casque d'or ou l’adaptation du roman de Georges Simenon Le Fruit défendu (pour Henri Verneuil en 1952 avec l’inévitable Fernandel dans le rôle principal).

P. S. : Akira Kurosawa a plus tard réalisé sa version, voir Les Bas-fonds de Akira Kurosawa (avec Toshirō Mifune, Isuzu Yamada…) 1957.

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