Chroniques DVD
08
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

western spaghetti eurowestern artus

Genre : western parodique

Scénar : deux hommes sont à cheval sur les rails jusqu'au moment où un train déboule, cravachez, et vite cavaliers (même avec une balle logée dans le cul) puisque c’est ce train que vous devez prendre pour vous rapprocher de la fortune, puisque le Guatemala et son platine ne vous ont pas réussi, allons-y gaiement pour les États-Unis et leur pétrole ! Mais voyager avec un trésor c’est encore mieux d’après la belle Helen, une française très au courant des choses précieuses embarquées par le train, Gringo n’est pas loin de craquer quand c'est l'attaque à laquelle échappent nos deux chanceux aventuriers pendant qu’Helen est enlevée par des bandidos mexicains hilares. Mais pas fute-fute ! Car en détroussant les cadavres (on ne se refait pas), les deux amis découvrent deux clés, celles d'un coffre qu'ils se voient déjà vider, ils se font en attendant passer pour des victimes de l'attaque et raclent du pognon ici et là. Et si on vous dit qu’outre Helen, les mexicains ont embarqué un coffre ?

Wow, Mario Caiano, précurseur italien du western européen, a réuni autour de lui une équipe impressionnante : il se fait aider pour le scénario par José Gutiérrez Maesso (réalisateur d’une poignée de films en Espagne, et auteur de plusieurs dizaines de scénarios un peu partout) et l’icône Duccio Tessari. Il fait appel pour la musique au grand Carlo Rustichelli, la photo sera confiée à Enzo Barboni (qui fera du beau boulot et retiendra aussi que la parodie peut avoir autant de succès que le western classique), le casting est quant à lui somptueux, tout comme Dominique Boschero qui malgré un nom qui pourrait porter à confusion, est bien française et habituée aux plateaux italiens (on l’a vue dans Ulysse contre Hercule, Gringo, les aigles creusent ta tombe, L'Iguane à la langue de feu, Toutes les couleurs du vice ou encore Qui l'a vue mourir ?). Côté bonhommes, y a du beau monde : Anthony Steffen, Mark Damon, Enrico Maria Salerno, Roberto Camardiel et Aldo Sambrell pour les plus reconnus, sans compter toutes les tronches qui peuplent aussi élégamment les inévitables plateaux d’Almeria.

Un train pour Durango, gentiment livré ici dans sa version intégrale, bénéficie de jolies couleurs, de dialogues rigolos, l’ambiance est de toute façon très comique, pré-trinitesque même avec ce chouette duo de cloches dont les aventures sont rythmées par des musiques et bruitages entre cartoon et Charlot très drôles pour les amateurs du genre qui seront aussi contents de la présence de coups fourrés et de fusillades classiques entre des personnages traditionnellement truculents (il n’y a pas vraiment de méchant dans cette pagaille où personne n’est jamais vraiment qui il doit être), une rotative est même de sortie comme dans tout bon western à senteur révolutionnaire qui se respecte, les automobiles polluent déjà l'air, c’est beau le progrès tiens alors que les primitifs sont pourtant toujours de sortie, par exemple les initiateurs du célèbre supplice des chevaux qui passent à ras des tronches de mecs enterrés debout jusqu'au cou.

Bonus : diaporama, bandes-annonces de la collection dont les excellents Joe l'implacable ou Texas, mais aussi « Gringo à Durango » (entretien avec Curd Ridel, 35’).

Infos / commandes des films Artus : https://www.artusfilms.com/

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