Une petite contribution ?

Chroniques DVD
09
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

Genre : western pas si spaghetti que ça

Scénar : à Dallas, bien après la guerre de Sécession, on entretient toujours le brasier avec les portraits de Lincoln et les drapeaux yankee, on bat comme plâtre les noirs suspects… Faut dire que la tension est électrique car les flics à étoile, en plein complot qui voudrait que James Garfield, le président des États-Unis, soit assassiné ici lors de son passage, recherchent Billy Willer. Cela arrangerait tout le monde qu'en cas d'attentat on lui foute tout sur le dos car les conjurés englobent le puissant notable Pinkerton mais aussi le vice-président que celui-ci et sa clique ont soutenu et depuis font chanter au moyen de documents compromettants. Quelle idée aussi que ce nouveau président qui souhaite s’adresser au peuple et exposer des idées politiques progressistes malgré les menaces qu'on lui énumère constamment ? Willer se précipite empêcher un attentat qui vise à faire exploser le train présidentiel après avoir découvert son père embroché par les sudistes, puis quand le président est finalement plombé on accuse un noir ! Willer jure de trouver les vrais coupables, ils ne l’emporteront pas au paradis !


Après un très bon mais classique Dernier jour de la colère 1, Tonino Valerii 2 transpose l’assassinat de Kennedy à l’époque du western en prenant comme personnage historique James Garfield (1831 - 1881), un des quatre présidents américains assassinés, mais dans des conditions différentes de celles que narrent le film. Valerii s’entoure une fois de plus d'excellents comédiens (dont, encore, Giuliano Gemma et Fernando Rey) ) - même s’ils avèrent pour la plupart moches et méchants - ainsi que des techniciens (à noter la présence de Stelvio Massi à la photographie) et d’un compositeur (Luis Bacalov) confirmés. Les décors sont aussi reconnaissables à mille lieues, comme ceux d’Il était une fois dans l'Ouest.

 

Texas n’est sûrement pas un film à immense budget (le dispositif de sécurité présidentiel est on ne peut plus léger, Dallas paraît même être un village…) mais livre une copie brillante où le western habituel est doublé d’une belle critique : évocation de la presse soumise, de la corruption généralisée, ce film serait-il en fin de compte le manifeste pour une politique égalitaire dans une société où pullulent peureux, hypocrites et traîtres en puissance en pleine période des années de plomb en Italie ? Toujours est-il que ce film n'est pas devenu un classique, on se demandera toujours pourquoi car cette coproduction italo-espagnole regorge de personnages idéalistes, fragiles ou complexes (comme celui de McDonald incarnant la raison d'État) qui diffèrent vraiment des habitudes « spaghetti » et montre même de l’amitié véritable (sacrilège !), pas vraiment un ingrédient typique non plus…

 

Un Texas où la guerre peut opposer père et fils, où la politique pourrit tout ce qu'elle touche surtout quand la finance la manipule, où de drôles de duels dans le noir sont guidés par le rouge incandescent du cigare, où la roulette russe n’est pas qu’une expression… Un Texas qu’il faut absolument redécouvrir à sa juste valeur, celle d’un très grand film.

 

Bonus : diaporama, bandes-annonces de la collection et « Le Prix du pouvoir » (c'est le vrai titre original de film), entretien avec Curd Ridel (30’).

Infos / commandehttp://www.artusfilms.com/western-europeen/texas-39

1 voir Le Dernier jour de la colère de Tonino Valerii (avec Giuliano Gemma, Lee Van Cleef…) 1967

2 un réalisateur dont nous parlâmes à plusieurs reprises, voir par exemple Folie meurtrière de Tonino Valerii (avec George Hilton, William Berger...) 1971 et Mon nom est Personne de Tonino Valerii (avec Henry Fonda, Terence Hill…) 1973 .

 

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