Chroniques DVD
01
Aoû
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

action guerre nanar rambosploitation mercenaire

Genre : Action (rapport à la chaîne de magasins)

Scénar : « au sud-est de Los Angeles », pour entraîner des mercenaires armés jusqu’aux dents pour une opération encore inconnue à part que c’est pour le compte d’un richissime homme d’affaires pas très sympathique, quoi de mieux que d’enlever en pleine rue quelqu'un complètement au hasard dans les environs et de lui lâcher les soldats au cul pour leur apprendre la chasse à l’homme ? Quand le stock de victimes vient à épuisé, rebelote, tout simplement ! Mais c’est une grande malchance que de jouer à ce petit jeu (pas très formateur si on peut se faire maître : un civil contre une cohorte, c’est pas du gâteau pour le premier) puisqu’ils vont tomber sur un type bien plus fort qu’eux. Les kidnappeurs voulaient un coriace, ils sont tombés sur le bon avec Mike Danton… « Au Vietnam il était le meilleur… Il l’est toujours ! » Et dire que le méchant colonel se révèle être l'officier qui l’a formé… L’habit ne fait pas le moine : un mulet peut dissimuler un pur-sang ! En plus, sa copine s'aperçoit qu'il a été enlevé et elle appelle son père, ancien flic à la retraite ! Pfiou !

D’emblée on a dû mobiliser plusieurs personnes pour déchirer les vêtements de cet homme qui court dans une forêt qui pourrait très bien être le parc municipal. « Fils de putes, ils vont me tuer ! », une entrée en matière subtile qui explique tout ce qu'il va se passer pendant ces quatre-vingt-dix minutes d'anthologie : des poursuivants (les types qui sont en train de charger et armer d’innombrables flingues pendant le générique) ne font pas de prisonniers. Non. Ils lâchent des rafales en quantité industrielle sur tout ce qui bouge, n'hésitent même pas à balancer des grenades (pas bien létales visiblement) sur des proies pieds nus et inoffensives. Sauf que quand la fête vire à la mortelle randonnée en short de jeans, le blondinet qui s'avère être une armoire à glace fonce et chasse à son tour façon Rambo Zaroff ! Mais on ne peut vraiment dire qu’il y ait de quoi s’épuiser : nos fameux soldats impitoyables ne valent pas tripette et Dantooooooooon arrive très facilement à s’en débarrasser petit à petit malgré d’effrayantes poses guerrières : acta non verba !

Présenté dans sa seule copie numérique en français, ce film est à la fois une bouse de cheval à trois pattes et un monument pour les amateurs du pur nanar à l’incroyable degré de bêtise. Tout est affreusement raté, à commencer par la musique au clavier (et ils se sont mis à trois pour faire ça !), les décors de roseaux tout pourris comme à côté de chez nous, les scènes de pseudo-comédie du couple absolument atroces tout comme chaque tentative d’un acteur de faire quoi que ce soit (triste apparition de Cameron Mitchell, descendu bien bas) MAIS s’il y a quelque chose à reconnaître c'est un scénario d'une rare cruauté. Et NON, ce n’est pas tout, si la chose est géniale, c’est pour des détails tellement hilarants qu'on ne peut pas tous les mentionner mais la fumée qui sort de la ranger est quand même le top. Allez, disons juste comme ça : replacer une épaule avec une caillasse (plus fort que Mel Gibson !), réussir une avalanche de rochers en carton, cracher sur un ver de terre, défier le Ciel au soleil couchant… C’est puissant. C’est débile. C’est unique.

Bonus : A propos de Ultime Combat (10’), Rambobines (bandes-annonces terribles dans tous les sens du terme exhumées par Videotopsy, 10’), spot pub pour la bande originale en CD (argh ! Ces gens sont des fanatiques, voir Deadly prey - Original motion picture soundtrack (Cine2Genre - 2018))

P. S. : ce DVD, ainsi que le CD sus-mentionné, appartenaient à l’édition collector du bouquin Dans l'enfer vert de la Rambosploitation de Claude Gaillard (Génération VHS / Huginn & Munnin - 2018).

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