Chroniques DVD
27
Fév
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

borderie constatine ventura aventure film trésor

Genre : droit sur les coups tordus !

Scénar : aux Caraïbes, accoudé au comptoir d’un rade miteux, un marin cherche-bagarre, dragueur et picoleur semble éternellement sans le sou jusqu'à ce qu'un de ses « amis » propose de payer la bouteille à sa grande surprise. L’homme lui demande pour la énième fois de bosser avec lui et cette fois le « captain » accepte. Le voilà donc seul maître à bord d’un yacht pour une drôle d'équipe comprenant trois filles magnifiques, des types légèrement dépaysés ainsi qu'un gars plutôt baraqué. Le marin ne les sentant pas, il les envoie balader mais pour persuader cet homme recherché par la police américaine, on lui fait miroiter un passeport tout neuf. L’homme pressent venir un truc pas net, et de très loin, le fameux yacht est par exemple bizarrement équipé de moteurs énormes, la cale jonchée de caisses de dynamite et voilà qu'un cadavre commence à brouiller plus encore le merdier. Manquait plus qu’une soudaine tentative de mutinerie, because l’équipage n’est pas au courant de la destination de l’expédition. Mais quand on marmonne l’explication d’une chasse au trésor qui aurait coulé avec un galion, tout finit par se tasser. Ou presque !

« Si ce n'est lui, ce pourrait être son frère », avertit le narrateur de l'introduction ! Car si Eddie Constantine prend la plus grosse place sur l’affiche, ce n'est pour une fois pas pour revêtir la défroque de Lemmy Caution, et toc. Ceci dit, c’est encore pour un rôle de prédilection qu’il est engagé, le roublard extrêmement prétentieux pour qui les autres ne sont que des « comiques », le ruffian aux yeux de braise dont toutes les femmes, forcément fatales, sont bien sûr folles de lui ou presque. Mais, notre dur-à-cuire l’assure - car à son habitude Constantine s'adresse parfois à la caméra - « Dieu créa la femme et tout de suite la femme créa la salade » dans le sens baratin du terme, méfiance méfiance ! L’homme s’avère tour à tour drôle (quand il s’agit de moucher tout le monde sur le rafiot, particulièrement les gens de la haute société envers qui il joue les anarchistes à la bizarre tendance capitaliste quand ça l’arrange) ou agaçant (le type sait tout, se bagarre comme un pro lors de jolies bastons dont il sort toujours vainqueur, chante la Paimpolaise à tue-tête avec un accent terriblement irrésistible, tout ça fait un peu beaucoup non ?).

Mais l’acteur seul ne suffirait pas pour faire de Ces dames préfèrent le mambo un fort sympathique moment de série B à la française, sorte de comédie d’aventure noire où la chouette musique de Charles Aznavour, les dialogues qui percutent de Jacques Vilfrid (grand pourvoyeur de textes pour des tonnes de films de l'époque !), les tronches de cake (le pas encore océdarisé Jacques Seiler, véritable souffre-douleur du sadique Constantine qui n’a de cesse de l’humilier ou de le battre comme plâtre, ou encore le vénérable Lucien Raimbourg), les très jolies femmes (la brune Pascale Roberts, la blonde Véronique Zuber et la rousse Lise Bourdin) et l’immense Lino Ventura, très discret au départ, sont tous des arguments imparables. Au passage, on repère parmi les assistants réalisateurs Jacques Rouffio qui débutera sa carrière de réalisateur solo en 1967 après une solide formation auprès de - entre autres - Jean Delannoy, Henri Verneuil, Gilles Grangier ou Jean-Pierre Mocky. Tout de même ! Quelle école de formation que cette vague de films noirs bon enfant typiques de cette fin des années Cinquante !

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