Chroniques DVD
11
Avr
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

damiani nero film mafia dvd

Genre : « quelque chose ne va pas ? »

Scénar : le commissaire Bonavia est dans une drôle de passe… Juste après qu’il est passé visiter un détenu à la personnalité instable, celui-ci est libéré et tente immédiatement d’assassiner le truand Lomunno, déjà cible de plusieurs enquêtes de Bonavia. Qu’il ait fait pression pour sa libération en vue de se débarrasser de son ennemi juré est une hypothèse qui passe par beaucoup de têtes, dont celle de Traini, le substitut du procureur chargé du dossier. Quatre personnes ont été abattues et Traini doit rendre des compte, surtout que, comme par hasard, Bonavia avait fait coffrer les gardes du corps de Lomunno peu de temps avant… De quoi éveiller les soupçons et le commissaire ne cache rien à Traini de son acharnement à faire tomber le truand. Et pour cause, celui-ci bénéficie de protections très haut placées et des éléments prouvant les dessous de tables distribués ici et là. Bonavia tente de faire ouvrir les yeux du magistrat tout neuf qui n’a pas son expérience : la mairie de Palerme, les principaux financiers, les notables et les industriels du bâtiment sont tous de mèche et pour Bonavia c’est clairement dommage que Lomunno s’en soit - encore - tiré par miracle. Traini veut des preuves pour agir, Bonavia n’a pas les méthodes orthodoxes, ce drôle de duo peut-il vraiment ébranler la corruption régnant sur la ville ?

Comme pour La Maffia fait la loi 1, Franco Nero est de retour dans l'univers de Damiano Damiani qui s’attaque encore une fois au thème du pouvoir occulte de la mafia. Venant d'un italien, voilà un exemple du cinéma dit citoyen qui pouvait s’avèrer des plus dangereux au plus fort du règne mafieux mais Damiani n’hésite pas, une fois de plus, à proposer une œuvre implacable, encore une fois située en Sicile, à l'encontre d'un système aux victimes innombrables. Il trace un triangle générationnel (le truand, le flic et le syndicaliste sont de la même génération et chacun a choisi sa voie) et à coups d’habiles flashbacks explicite les relations des uns avec les autres : le truand a fini par prendre les commandes contre lesquelles s’est élevé le syndicaliste qui y perdra la vie (quelques scènes hallucinantes : cet homme plombé par un bandit qui reste sur place à pisser son sang tout en tenant tête au caïd, l’enterrement à la dynamite, le destin tragique d’un petit berger…) quasiment sous les yeux d’un policier qui n’a pas pu intervenir faute de soutien, la mafia régnant sur la peur qu’elle inspire, mais Bonavia ne digèrera jamais cet assassinat, on peut même le voir comme le moteur de sa détermination. Sur cette trame, les personnages aux psychologies fouillées échangent des dialogues soignés et marqués du même message : JUSTICE !

Filmé avec une froideur implacable, Confession d'un commissaire de police au procureur de la République est un chef-d'œuvre du film politique à fibre sociale (jusque dans la visite des lugubres hôpitaux psychiatriques par exemple, qui ne peut que dénoncer un état déplorable des services), le scénario est un bijou co-écrit par Damiano Damiani avec Fulvio Gicca Palli (impliqué dans des réalisations de beaucoup de cinéastes populaires comme Pierotti, Borderie, Bolognini, Lenzi, Demicheli mais il travaillera régulièrement avec Damiani) et Salvatore Laurani (scénariste de El Chuncho  qui prendra sa retraite l'année suivante après un film à propos de l’avortement, Uccidere in silenzio !), la belle musique de Riz Ortolani cèle quant à elle le début d’une longue collaboration des deux hommes. Nombre d'acteurs ont déjà joué dans le(s) film(s) précédent(s) de Damiani. Et ce la ne s’arrêtera pas là, Franco Nero par exemple sera de nouveau de la partie dès l'année suivante pour un autre film au titre prometteur : Nous sommes tous en liberté provisoire.

Bonus : notes de production, « Damiano Damiani, un cinéaste engagé » (documentaire avec entre autres un témoignage éclairant du chef monteur Antonio Siciliano, 25'), bandes-annonces.

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