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Chroniques BD
02
Jan
1999

Les étoiles évaluent le plaisir ressenti à la découverte des œuvres, rien à voir avec une quelconque note !

« Mais mon ami, c'est un vrai ciné-roman : à croire qu'une puissance occulte a juré votre perte ! »

Tu m’étonnes Elton ! Car si « les voyages forment la jeunesse », ils peuvent aussi être le théâtre d'aventures incroyables ! Tintin est parti pour Shanghaï via l'Arabie et l’Inde mais, dès le début de la croisière, les événements se bousculent : un accrochage avec le milliardaire Rastapopoulos, deux flics moustachus aux fesses à cause d'un coup monté habilement, une chasse au tombeau égyptien qui tourne mal, des condamnations à mort par la soif ou le peloton, il y a généralement peu de chances de fuir mais notre reporter est toujours aussi doué pour survivre !

Il faut dire qu’il sait tout faire, de piloter un zingue à soigner et parler aux animaux, contrairement à Milou qui trouve encore le moyen de se friter avec la mauvaise bestiole (cette fois une vache sacrée). On assiste avec ce quatrième album à l’apparition d’une ribambelle de personnages appelés à devenir des incontournables dans le monde de Tintin : Les Dupondt, Roberto Rastapopoulos, Allan Thompson, Oliveira da Figueira… Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le récit s'étoffe par rapport aux premiers albums 1, passant de la carte postale stéréotypée au pur récit d’aventures feuilletonesques, on trouve même ici une scène psychédélique (quand le narcotique fait son effet) ou des allusions au domaine fantastique (fantôme, superstition, pouvoirs du fakir…) dans un album au climat généralement sombre : la mort rôde, la drogue menace (surtout un poison qui rend fou : le radjaïdjah), le trafic d’armes sévit, on ne peut se fier à grand monde dans la toile d’araignée tissée par ce qui s’apparente parfois à une secte du crime, ancêtre du S. P. E C. T. R. E. de l'univers James Bond ?

Mais lors de ce combat inégal face à cette bande internationale impitoyable dirigée par un chef sans visage, Hergé a choisi d’introduire également dans l'histoire une belle grappe de personnages comiques, des impayables Dupondt (qui apparaissent cette fois officiellement) à Philémon Siclone en passant par « le-blanc-qui-vend-tout » Oliveira da Figueira. Il n’a pas non plus renoncé aux gags délibérément cartoon (peau de banane, rebond sur un gros ventre), ni à se gausser encore un peu des autochtones (ici les adeptes de Shiva). Ajoutons à tout ça les références à l’affaire Toutankhamon et tant qu’à y être une allusion à Hokusai, et on tient là un très bon album qui n'augure que le meilleur pour la suite.  

62 pages en couleurs, 6,95 €
ISBN : 9782203003064

1 voir Tintin au pays des Soviets, Tintin au Congo et Tintin en Amérique.

2 curieux ? Regarde donc Hokusai de Francesco Morena (Vie d’artiste / Gründ - 2010).

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